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L’aide et le renflouement n'atténueront pas la crise en Asie

COMMUNIQUÉ

Pour diffusion immédiate : mercredi 16 septembre 1998

LE CANADA SE DOIT DE MONTRER LA VOIE VERS UN RENOUVELLEMENT
DES PRINCIPES DE GESTION ÉCONOMIQUE MONDIALE


La crise économique dans le sud-est de l'Asie, dont les ondes de choc se sont répercutées dans le monde entier, est en fait une crise humanitaire et de développement qui a pris des proportions incontrôlables. Ni les programmes d’aide et ni le renflouement ne suffiront à la résorber. Pour régler les problèmes de pauvreté et d’instabilité, il faut repenser à fond la gestion de l’économie mondiale a conclu la mission d’enquête en Asie qui se composait de députés et de représentants de la société civile.

Selon Mme Betty Plewes, présidente-directrice générale du Conseil canadien pour la coopération internationale et chef de la mission en commun en Asie, le miracle asiatique, une recette de croissance économique reposant sur les exportations et, plus récemment, sur l’entrée de capitaux étrangers non réglementée, doit être repensé. La communauté internationale commettrait une erreur encore plus grave si elle essayait de redresser la situation à coup de renflouement et de financement international pour la remettre sur la voie désastreuse d’une économie instable.

La mission qui ,outre les députés des trois partis (PLC, BQ et NPD) comprenait d’autres personnages en vue, s’est rendue en Indonésie et en Thaïlande. Les membres ont séjourné deux semaines dans la région pour examiner les racines de la crise financière, les répercussions de la crise sur les pauvres de la région et ses conséquences au Canada.

Bien qu’en raison de la nature des politiques et pratiques publiques, la crise ait connu des formes différentes dans chaque pays, il ne fait aucun doute qu’elle a pour origine les pressions mondiales pour la libéralisation des marchés financiers. Le Canada, membre du Groupe des huit (G-8), de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) devrait, en cette période cruciale, « galvaniser » les efforts vers un consensus pour la régulation des flux de capitaux. Le Canada devrait prendre l’initiative en faveur de mesures propres à décourager la spéculation et la volatilité qui sont liées notamment aux flux de capitaux à court terme. Il devra aussi promouvoir les investissements étrangers à long terme qui permettent de répondre aux besoins humains et de protéger l’environnement.

« Le mythe voulant que le développement durable repose sur la répression, l’exclusion, l’exploitation environnementale s’est évanoui « a déclaré Mattew Coon Come, grand chef des Cris (eeyou Istchee) et membre de la mission.

L’exploitation sans mesure des ressources naturelles au profit de la croissance économique a causé de graves dommages écologiques dans ces deux pays. La répression des populations autochtones exclues de la prospérité économique forme le noeud de cette politique à l’égard des ressources humaines et de la croissance économique dans les deux pays. Le Canada se doit de promouvoir un plus grand apport des populations locales et des connaissances autochtones à la gestion des ressources naturelles et aux programmes de développement de ces pays.

Le Canada a aussi exporté ce modèle économique, croyant que les Canadiens et les Asiatiques pourraient bénéficier de relations qui donnaient la priorité à l’investissement et aux objectifs commerciaux plutôt qu’à la pauvreté et aux questions des droits de la personne. L’orientation adoptée récemment par l’Équipe Canada en politique étrangère a supplanté les importants engagements historiques des Canadiennes et des Canadiens envers la démocratie et le développement. Un membre de la délégation, le député Daniel Turp (BQ), a exhorté le gouvernement canadien à faire une importante déclaration sur la situation des droits de la personne en Indonésie et à demander instamment le renversement des plans visant à retirer progressivement l’aide à l’Indonésie et à la Thaïlande. La délégation recommande notamment l’injection de fonds d’urgence accrus en Indonésie pour permettre aux enfants de rester à l’école et de se nourrir.

« La délégation a été frappée par l’ingéniosité et l’énergie des jeunes indonésiens et thaïlandais », de dire la députée libérale, Jean Augustine. Leur engagement et leur espoir représentent les valeurs les plus sûres de la région. Il est donc crucial que leurs aspirations reçoivent l’appui moral, politique et financier de la communauté internationale.

Recommandations de la mission en commun en Asie

(liste partielle – voir le document de travail pour plus d’information )

Le gouvernement canadien, de concert avec la société civile et les ONG, devrait galvaniser les efforts en vue d’un consensus international sur les options de contrôle des capitaux pouvant mettre un frein à la spéculation et à la volatilité et favoriser des investissements fructueux à long terme. Ces options sont les suivantes :

  • À l’échelle nationale, les pays ont le droit de réglementer ou de pénaliser les mouvements d’investissements à court terme en imposant une taxe de 10 p. 100 et des pénalités aux investissements qui quittent le pays avant douze mois, comme le Chili, ou des barrières plus sévères comme celles adoptées récemment par la Malaisie.
  • À l’échelle internationale, une taxe du genre taxe Tobin sur les opérations de change afin d’arrêter la spéculation monétaire à l’échelle internationale; et
  • Des mécanismes de contrôle et de régulation des investissements étrangers directs respectueux des droits des travailleurs garantis par l’Organisation internationale du travail et aux normes environnementales.
  • Le Canada doit prendre l’initiative sur ces questions à la prochaine réunion des ministres des finances du Commonwealth qui se tiendra à Ottawa, et aux réunions annuelles de la Banque mondiale et du FMI prévues à Washington en octobre ainsi qu’à la réunion du G-8.

Le gouvernement canadien devrait, par l’entremise de son ministre des Affaires étrangères, faire une importante déclaration sur la situation des droits de la personne en Indonésie en novembre, à l’occasion de la session spéciale de l’Assemblée consultative du peuple, en signalant le rôle et les abus des militaires, la nécessité de renforcer la société civile pour la démocratisation et les élections en 1999.

Le gouvernement canadien doit dresser d’urgence un calendrier précis en vue de rétablir le budget d’aide internationale à 0,35 p. 100 du PNB au cours des sept prochaines années en mettant l’accent sur l’allégement de la pauvreté. Dans ce contexte, le Canada ne devrait pas procéder au retrait progressif du programme d’aide destiné à l’Indonésie. Il faudrait accroître l’aide humanitaire à ce pays, notamment pour permettre aux gens de se procurer des denrées à des prix abordables et soutenir les efforts pour que les enfants restent à l’école. En Thaïlande, les fonds de transition peuvent s’avérer nécessaires pour appuyer le travail des ONG axé sur les plus pauvres et sur les collectivités les plus touchées à Bangkok et dans le Nord et le Nord-Est.

Le Canada se doit également de promouvoir une révision des mesures prescrites par le Fonds monétaire international à l’égard de la crise, y compris

- Un appui plus musclé aux politiques d’expansion monétaire et fiscale;

- Une plus grande transparence et participation dans la négociation des conditions d’emprunt et un travail de délestage au FMI de plans pour la modification des articles d’ententes visant à promouvoir la libéralisation des comptes de capitaux.

Les ONG canadiennes, les Églises, les Premières Nations et les syndicats doivent chercher à renforcer les liens de solidarité avec leurs homologues de la région, particulièrement en Indonésie, compte tenu de l’intérêt marqué pour l’organisation d’un réseau international d’étudiants et de travailleurs.

Membres de la mission en commun en Asie

Députés

Jean Augustine (PLC),Etobicoke-Lakeshore
Libby Davies (NPD), Vancouver East
Daniel Turp (BQ), Beauharnois-Salaberry

Représentants de la société civile

Monseigneur Bertrand Blanchet, archevêque de Rimouski (Québec)
Matthew Coon Come, grand chef des Cris (Eeyou Astchee)
Roy Culpeper, président de l’Institut Nord-Sud
Barbara Byers, présidente de la Saskatchewan Federation of Labour
Betty Plewes, présidente-directrice générale du CCCI et chef de la mission

aussi présent lors de la mission :

Gauri Sreenivasan, coordonatrice orientation politique
Paul Turcot, consultant avec South House Exchange

La mission en Asie a été organisée dans le cadre de la campagne en commun axée sur l’élimination de la pauvreté. Plus d’une centaine d’organisations militant pour la justice sociale, l’aide humanitaire et le développement démocratique et économique au Canada et dans le monde en développement se sont regroupées sous la bannière en commun. Elles s’engagent à libérer le monde de la pauvreté. La campagne en commun est coordonnée par le Conseil canadien pour la coopération internationale.

Pour tout renseignement, joindre

Katia Gianneschi
Relations avec les médias
Conseil canadien pour la coopération internationale
(613) 241-7007, poste 311
katiag@ccic.ca


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