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Réflexion relative à l’expérience tirée du travail sur la diversité

Exposé présenté lors de la session de travail sur la Diversité dans le secteur du développement international

Par Dorcéna Dorzilmé
Coordonnateur, Services communautaires
La Croix-Rouge canadienne

Les gens donnent des sens différents aux notions de justice sociale et de diversité. Dans le présent exposé et pour moi, justice sociale et diversité signifient respect, acceptation de l’autre, égalité et plus encore. Cela dépasse la notion de clients ou de participation de la collectivité au sein de vos effectifs. C’est une question bien plus profonde: le principe du respect et une sensibilité aux grands enjeux. Il nous faut transcender les concepts d’ethnicité et de multiculturalisme. L’éducation, la religion, le mode de vie et la langue sont compris dans les notions de justice sociale et de diversité.

Point n’est besoin d’attendre un budget (de l’argent) pour amorcer un changement structurel dans nos organisations. Il se peut qu’on n’obtienne jamais d’argent, néanmoins la justice sociale et la diversité doivent servir d’assise à nos activités journalières à divers niveaux. L’argent ne règle pas tout, un changement d’attitude peut avoir des effets très positifs. Nous devons toujours nous poser la question : Qui prend les décisions pour qui? Certains mécanismes comme la police et les conseils scolaires ont le mandat législatif de représenter la collectivité où ils se trouvent. Dans le cas des ONG, il s’agit d’une responsabilité morale. Il faut que l’engagement ainsi que la reddition de compte se fassent du sommet à la base et inversement. Les cadres supérieurs se doivent de sortir de cette zone de confort.

La Croix-Rouge comme de nombreuses organisations bénévoles, est interpellée par la diversité ethnique croissante de la société canadienne, une population plus exigeante et la diminution du financement public des programmes sociaux. Dans ce contexte, la Société doit renforcer sa capacité à dispenser des services qui soient accessibles et répondent aux besoins d’une population hétérogène. En outre, il convient d’améliorer sa performance en collecte de fonds en vue d’attirer les dons de particuliers provenant d’un segment plus large de la population.

Comme vous le savez, la justice sociale et la diversité sont un continuum et non un projet. La Croix-Rouge a entrepris quelques étapes de ce continuum. Par exemple :

  • En octobre 1993, le Conseil des gouverneurs a adopté des principes relatifs à la justice sociale et à la diversité qui font partie des Principes fondamentaux de la Croix-Rouge.

Justice sociale et diversité

  • Fidèle aux principes fondamentaux de la Croix-Rouge, la Société a pris un engagement en matière de justice sociale : elle se veut exempte de toute structure et de toute action qui soit source d’oppression, d’exclusion, de restrictions ou de discrimination fondées sur la race, l’origine ethnique, la langue, la situation financière, l’orientation sexuelle, la religion, un handicap ou l’âge.
  • Il importe que les programmes et services dispensés par la Société traduisent son engagement envers la justice sociale.
  • La Société fera le nécessaire pour s’assurer que ses bénévoles et ses employés soient représentatifs des collectivités auxquelles elle offre ses services.
  • La Société offre à ses dirigeants et à ses bénévoles la formation appropriée pour qu’ils introduisent la justice sociale et la diversité dans leur planification et leurs activités quotidiennes.
  • En septembre 1996, une session de travail à l’échelle nationale a réuni des membres du personnel et des bénévoles de quatre régions et du siège social.
  • La Croix-Rouge a aussi élaboré un document intitulé Place à la diversité : Guide de référence sur la transformation de l’organisme.

Le guide indique plusieurs facteurs déterminants pour le succès d’un processus de changement organisationnel

  • L’engagement des cadres supérieurs;
  • Des objectifs réalistes, axés sur l’action et mesurables;
  • Un processus participatif, s’appuyant sur la formation, le suivi régulier et la gestion interne;
  • L’apport de tous les intervenants à toutes les étapes du processus de transformation
  • Les principes de justice sociale et de diversité – un processus continu et non un programme (ayant un début et une fin); et
  • L’opposition aux hypothèses désuètes.

Comment la diversité peut-elle favoriser la justice sociale ?

  1. La justice sociale exige le traitement équitable de chacun des individus. Tout individu, quelles que soient ses différences, a droit au respect et à l’estime des autres, à un traitement équitable en matière d’emploi sans avoir à surmonter des barrières arbitraires.
  2. Nombre de gouvernements ont légiféré en vue de redresser les torts. Mais les lois sont souvent perçues comme étant des contraintes, les gens se rebiffent contre de telles directives et s’y opposent. Étant donné qu’ils n’ont pas à leur portée les outils susceptibles de les préparer à ces règles, ils ont souvent l’impression qu’il s’agit de discrimination à rebours. Il en va de même pour le règlement sur l’équité en matière d’emploi. Les gens ont besoin qu’on leur rappelle leurs propres différences, celles qui existent dans leur vie et celle des membres de leur famille. Ils doivent faire face à la réalité, à savoir que DIFFÉRENCE NE SIGNIFIE PAS DÉFICIENCE !
  3. Il y a aussi les détails à examiner pour la réalisation de la diversité : dissiper la peur et l’illusion qu’une personne différente ou agissant de façon différente des autres, est une personne incapable, incompétente, inférieure, etc.
  4. La mise en valeur de la diversité n’est pas axée sur un groupe. Elle est l’affaire de tous. Il s’agit de rassurer les gens quant à leur propres différences pour qu’à leur tour ils acceptent celles des autres. Lorsque nous aurons atteint ce but et, seulement alors, pourrons nous tenter d’instaurer la justice sociale et la paix..

Les enseignements sont tirés d’un éventail d’activités auxquelles a participé le personnel de la Croix-Rouge depuis trois ans. La première leçon et le tremplin pour ce programme résultent du processus du Groupe de concertation 1. Les sessions d’analyse et d’autres échanges d’informations valables et parfois stimulantes parmi les membres du groupe sur leur organisation respective ont été source de compétence, de confiance et d’appui pour amorcer le processus de transformation de la Croix-Rouge.

L’examen des documents, la vérification des systèmes, les enquêtes initiales et les sessions d’études sur les nombreux aspects de la diversité ont donné à tout le personnel de la division de la Croix-Rouge nombre d’occasions d’apprentissage.

L’une des expériences les plus intenses consistait à analyser la diversité dans l’organisation et à constater qu’elle faisait défaut à la Croix-Rouge. En prenant conscience de ces questions, le personnel s’est franchement attaqué à l’accessibilité, à la communication, à la participation et à l’évaluation dans les secteurs de la programmation et des services.

Le personnel a rehaussé ses propres connaissances grâce à un effort concerté visant à cerner les questions liées à la diversité tant sur le plan systémique que sur le plan personnel. Ils se sont questionnés personnellement et mutuellement ce qui a donné lieu à un exercice intense, où le personnel traite actuellement des aspects de la diversité.

L’organisation a utilisé d’autres cadres de référence pour offrir un guide général qui permettrait au personnel d’acquérir des connaissances, de réunir de la documentation et de l’apporter dans leurs milieux de travail respectifs. Parmi ceux-ci, citons :

  • Ses principes de justice sociale
  • Le cadre d’analyse des barrières
  • L’analyse capacité-vulnérabilité
  • Le modèle Bailey Jackson de la Croix-Rouge américaine

En utilisant les diverses méthodologies à l’intérieur d’une structure, l’organisation a pu assurer la cohérence de ses stratégies de changement et en même temps examiner les programmes individuels et les besoins des services.

Ces enseignements, bien qu’élémentaires, ont constitué une base solide sur laquelle le personnel peut désormais élaborer, de concert avec les bénévoles, les consommateurs et d’autres groupes d’intérêt, des stratégies de transformation qui éventuellement rendront la Croix-Rouge plus accessible, plus englobante et plus représentative des diverses communautés auxquelles elle offre ses services.


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