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Valeur ajoutée: l’étude du cas du Partenariat BRAC-FAKC

Leçons d’efficacité de la société civile en matière de prestation de l’aide
Études de cas préparées pour le Conseil canadien pour la coopération internationale
mars 2003

Valeur ajoutée: l’étude du cas du Partenariat BRAC-FAKC
Fondation Aga Khan Canada

Depuis ses origines modestes comme organisme de secours d’urgence et de relèvement au Bangladesh il y a 30 ans, le Comité pour le progrès rural du Bangladesh (BRAC)1 s’est transformé en l’ONG nationale la plus grande du monde : une organisation de développement polyvalente qui emploie un personnel de plus de 60 000 membres et dont le budget annuel se chiffre à environ 166 millions de dollars US2. Aujourd’hui, le BRAC met de l’avant une approche intégrée et innovatrice à l’allègement de la pauvreté et à l’autopromotion (empowerment) des paysans sans terre pauvres du Bangladesh, surtout des femmes, par des programmes de microcrédit, de développement rural, de santé, d’éducation et de formation.

Vingt pour cent de ces programmes reçoivent un financement de donateurs incluant, entre autres, le Département pour le développement international (DFID, en G.-B.), l’Union européenne (UE), l’UNICEF, le Programme alimentaire mondial (PAM), la DANIDA (Danemark), le DGIS, Aide à l’enfance, la Fondation Rockefeller et l’ACDI-FAKC3. Pour parvenir à financer la partie restante – et pour mettre en rapport les producteurs ruraux pauvres avec les marchés urbains en croissance – le BRAC se lance dans plusieurs entreprises commerciales, ce qui inclut la Laiterie BRAC, Aarong (une chaîne de magasins d’artisanat), des fermes de volaille et des usines d’aliments pour animaux, les imprimeries BRAC, un entrepôt réfrigéré, des centres de sériciculture (élevage de vers à soie), élevages de poissons, de crevettes et de taureaux. En 1999, le BRAC s’est aventuré dans le secteur de la technologie de l’information par le biais de l’Institut de technologie de l’information BRAC, et en 2001, il a élargi son éventail d’initiatives pour inclure l’Université BRAC et la Banque BRAC.

Sous tous rapports, le BRAC compte aujourd’hui parmi les ONG du Sud les plus capables et les plus couronnées de succès. À ses débuts, il a reçu l’appui de plusieurs ONG de développement international, incluant Oxfam, pour ses activités humanitaires après la guerre d’indépendance. Dans les années 80, Inter Pares a appuyé le lancement du programme d’éducation primaire du BRAC, qui a connu du succès. Le BRAC a aussi fait appel à l’expertise des ONG canadiennes au début des années 90 pour renforcer sa capacité de genre. En 1989, lorsque le BRAC a établi un premier contact avec l’ACDI pour obtenir un appui à son Programme de développement rural, il a demandé de façon explicite que cet appui soit canalisé par une organisation partenaire canadienne : la Fondation Aga Khan Canada. La question se pose immédiatement : pourquoi une ONG ayant la capacité de traiter directement avec les agences donatrices insiste-t-elle pour qu’une ONG canadienne agisse comme intermédiaire ?

La réponse, croyons-nous, se trouve dans la valeur ajoutée que les partenariats Nord-Sud de la société civile apportent au processus de développement. Tout comme il y a une valeur dans les rôles liés aux partenariats de gouvernement à gouvernement que l’ACDI décrit et préconise dans son récent énoncé de politique en faveur d’une aide plus efficace, ainsi y a-t-il également une valeur intrinsèque rattachée aux partenariats Nord-Sud entre organisations de la société civile, valeur qui se manifeste dans les notions de plus en plus répandues de citoyenneté mondiale aussi bien que de pratiques améliorées et de capacité d’apprentissage partagé.

Dans de nombreux cas, les partenaires civils du Sud représentent davantage les intérêts de leurs bases et de leurs clients que ne le font leurs gouvernements, et constituent la vraie caractéristique de l’appropriation locale par la société civile. Le BRAC par exemple travaille dans 60 627 villages des 64 districts du Bangladesh, couvrant une population de presque 68 millions de personnes. Son personnel terrain vit dans les villages et est en contact quotidien avec ses bénéficiaires, ce qui lui permet de demeurer au diapason des problèmes et des besoins des gens. Ce sont souvent ces partenaires du Sud qui se font les porte parole des populations auprès des gouvernements. L’an passé, lors d’une réunion des fonctionnaires de district dans le nord du Bengale, le BRAC a amené avec sa délégation une des bénéficiaires de son nouveau projet de réduction de la pauvreté extrême afin qu’elle s’adresse directement à l’audience. La femme a parlé clairement et simplement de son combat quotidien pour survivre. Ébranlés et émus, de nombreux fonctionnaires du gouvernement plongèrent immédiatement la main dans leur poche pour lui venir en aide. Le BRAC souligna le fait que des changements de politique et des programmes gouvernementaux plus nombreux pour réduire la pauvreté extrême constitueraient un meilleur geste, une solution à long terme non seulement pour cette femme mais aussi pour des millions de ses semblables.

Établir des liens pour l’édification de la citoyenneté mondiale

Tout comme les organisations de la société civile du Sud représentent les intérêts de leurs populations auprès de leurs gouvernements, de même les ONG du Nord présentent auprès des Canadiennes et des Canadiens l’image de l’aide canadienne au développement. Par leurs partenariats avec des OSC, les organisations canadiennes établissent des liens entre les Canadiennes et les Canadiens ordinaires et les gens ordinaires du monde en voie de développement ; elles rapportent à la population canadienne les histoires du développement. Par exemple, grâce au volet « éducation au développement » de ses programmes, la FAKC a parrainé la série de séminaires Voix évanouissantes, qui met en scène le BRAC dans une vidéo intitulée « Qu’est-il arrivé au Bangladesh ? ». La série de séminaires a invité les Canadiennes et les Canadiens à développer une pensée critique quant à savoir s’ils reçoivent l’information qu’ils méritent et dont ils ont besoin sur le travail de développement réussi qu’ils appuient outre-mer.

De la même manière, grâce à la série de séminaires de la FAKC au niveau universitaire, les jeunes du Canada font une expérience d’apprentissage interactif, ce qui leur permet d’acquérir une compréhension pratique d’enjeux clés du développement en participant à l’élaboration et à la mise en œuvre de projets sur le terrain. Dans la série 2001, intitulée « Investir dans les collectivités », un conférencier du programme du BRAC Éducation primaire non formelle racontait à l’audience les succès et les écueils de l’éducation de plus d’un million d’enfants défavorisés du Bangladesh dans les 34 000 écoles primaires non formelles du BRAC. Il paraît hautement invraisemblable que ce réseautage direct entre la population canadienne et la vie et la lutte quotidiennes des populations des pays en développement puisse survenir dans un monde dominé par des partenariats de gouvernement à gouvernement.

Apprentissage partagé – bénéfices mutuels

Les partenariats Nord-Sud entre organisations de la société civile apportent également des bénéfices mutuels. Ils se forment sur la croyance que le processus de développement implique plus qu’un simple investissement de ressources financières et ne se résume pas à en retracer les résultats. C’est un processus qui requiert le partage de ressources intellectuelles, de connaissances et d’idées, aussi bien que des bénéfices qui découlent de ce processus. Telle est la philosophie sous-jacente qui guide le partenariat de la FAKC avec le BRAC.

En 1990, quand la FAKC et l’ACDI commencèrent à appuyer le BRAC, la FAKC élabora un programme d’activités dans le cadre du mécanisme responsif – programme étiqueté Composante canadienne – destiné à apporter une valeur ajoutée et des bénéfices mutuels à son partenariat avec le BRAC, de même qu’à construire sur le noyau de compétences et de forces des deux organisations. Au cours des ans, ce programme d’activités a inclus des éléments, tels le développement du personnel et l’assistance technique au BRAC, des échanges d’apprentissage, de la recherche et des publications, des activités d’éducation au développement, et des stages. Ces activités avaient pour objectifs généraux de renforcer les capacités d’intervention du BRAC en développement et, en même temps de transmettre les enseignements et les meilleures pratiques du terrain aux Canadiennes et aux Canadiens ici au pays, ainsi qu’à la communauté du développement en général.

La FAKC a joué un rôle particulier dans les partenariats réciproques Nord-Sud de la société civile par des recherches et des publications entreprises en collaboration avec des partenaires du Sud, y compris le BRAC. De portée comparative, ces publications ont misé sur les expériences des ONG du Sud et sont venues s’ajouter aux connaissances sur les pratiques de développement réussies. Par exemple, l’étude Managing for Change: Leadership, Strategy and Management in Asian NGOs examine les stratégies d’autonomisation économique menées par sept organisations de l’Asie du Sud qui travaillent avec les femmes. Ces publications, utiles en tant que consignation des meilleures pratiques, ont aussi permis d’amorcer des discussions et de débats sur des questions politiques plus larges, à la fois au Canada et à l’étranger.

Établir des liens pour joindre les forces

Les partenariats entre ONG du Nord et du Sud peuvent aussi produire des bénéfices pour d’autres organisations externes au partenariat formel. La FAKC, en ayant accès aux nombreuses ressources du vaste Réseau Aga Khan pour le développement4, agit souvent comme courtier de transfertilisation d’idées, d’innovations et d’information auprès des partenaires du Sud. Par exemple, par le volet de sa programmation « échange de connaissances », la FAKC parraine la visite d’un gros contingent de haut niveau du BRAC à l’Institut de développement éducatif de l’Université Aga Khan (AKU-IED)5 au Pakistan en vue de traiter du réseautage entre AKU-IED et la nouvelle initiative d’éducation de base post-primaire du BRAC. De même, des partenaires du Sud tels le Programme d’appui au développement des communautés des montagnes au Tadjikistan et le Programme d’appui rural à la Côte-Nord au Mozambique, ont visité le BRAC pour tirer avantage de son expertise dans les secteurs du développement rural et de la microfinance.

De la même manière, la FAKC a recours à l’expertise et à l’expérience d’autres partenariats pour aider le BRAC à se débattre des enjeux plus larges de la durabilité, de la bonne gestion et de la bonne gouvernance, et de la vision à long terme, par sa participation au Consortium de donateurs BRAC (CD). Ce forum permet à la FAKC d’offrir en partenariat avec NOVIB, une organisation des Pays-Bas, une perspective ONG unique au consortium dominé par le donateur gouvernemental. Souvent cela implique qu’on appuie le BRAC en servant de médiateur dans les relations au sein du CD pour assurer que les priorités du donateur gouvernemental ne l’emportent pas sur les priorités et les meilleures pratiques du BRAC, favorisant de cette façon l’appropriation locale du processus de développement. De plus, grâce à sa présence terrain de longue durée, de sa connaissance de la culture locale, du langage et du contexte, de son écoute active, de son intérêt pour les affaires quotidiennes de l’organisation, de même qu’à cause de son appellation ONG plutôt qu’agence donatrice, la FAKC est perçue par le BRAC comme un partenaire digne de confiance et par conséquent jouit d’un meilleur accès et d’une meilleure compréhension du travail de l’organisation que la majorité des donateurs. Ce bénéfice est alors refilé à l’ACDI sous forme d’une meilleure gestion de projet, d’une plus grande imputabilité et de meilleurs rapports.

Prospective: un engagement commun

Au cours des douze années depuis sa création formelle, le partenariat entre le BRAC et la FAKC a évolué et s’est approfondi. Le BRAC voit la FAKC non seulement comme un donateur ou comme une « agence d’exécution » de projet mais comme un ami loyal qui l’accompagne sur le chemin vers un avenir plus prometteur pour le Bangladesh. En 2001, lorsque l’ACDI décida d’appuyer financièrement le nouveau projet du BRAC Un défi aux limites de la réduction de la pauvreté de manière directe plutôt que par l’intermédiaire d’une organisation partenaire canadienne, le BRAC a exprimé sa déception face à cette décision parce qu’il reconnaît la valeur des partenariats entre organisations de la société civile. L’engagement du BRAC pour la réduction de la pauvreté au Bangladesh, joint à l’engagement de la FAKC sur le long terme d’appuyer le BRAC, a promu une relation profonde et durable entre les deux organisations, relation qui a profité non seulement au BRAC et à la FAKC mais aussi à la communauté du développement au Canada et à l’étranger.

Aujourd’hui le BRAC en tant qu’organisation est plus à même de traiter directement avec les donateurs qu’il ne l’était il y a douze ans. Malgré ce fait, son enthousiasme pour le partenariat avec la FAKC demeure. Des discussions ont actuellement lieu entre le BRAC, la FAKC et l’ACDI en vue d’une recherche et d’une commune initiative d’apprentissage novatrices fondées sur le nouveau projet du BRAC pour rejoindre ceux qui vivent dans la pauvreté extrême. La prochaine phase du programme d’éducation primaire non formelle représentera aussi une occasion de collaboration et de partenariat continu entre le BRAC et la FAKC.

Toutefois, notre partenariat avec le BRAC, bien qu’unique en son genre, n’est pas très différent des relations que nous entretenons avec beaucoup d’autres partenaires du Sud. Les caractéristiques fondamentales de la formule de partenariat réciproque, de la valeur ajoutée apportée aux dollars que le Canada octroie à l’aide au développement, et de la mise en commun des forces de chacun reflètent aussi nos relations avec d’autres partenaires. L’approche de la FAKC multipliée par le nombre d’autres organisations de la société civile du Canada qui ont des approches similaires produit une valeur ajoutée cumulative dont tire profit le processus de développement à la fois au Canada et dans le monde en voie de développement.

Pour plus d’information, veuillez consulter les sites www.akfc.ca et www.brac.net ou contacter salimah@akfc.ca.
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Notes de fin de texte

  1. NDT - Bangladesh Rural Advancement Committee (BRAC).
  2. Budget envisagé pour l’année 2002, selon le Rapport annuel 2001 du BRAC.
  3. NDT – FAKC: Fondation Aga Khan Canada.
  4. NDT - Aga Khan Development Network (AKDN).
  5. NDT - Aga Khan University’s Institute of Educational Development (AKU-IED).

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