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Le budget fédéral 2004 maintient l'engagement à accroître l'aide de 8 p. 100 en 2004-2005 et en 2005-2006

Dans le budget présenté le 23 mars, le ministre des Finances Ralph Goodale a retenu l'engagement qu'a pris l'ex-Premier ministre Chrétien en 2002 de hausser de 8 p. 100 l'aide du Canada, et de doubler cette aide d'ici 2009. " Nous avons pris un engagement envers les plus pauvres du monde, a dit le ministre, et nous allons le respecter. " Voici quelques-uns des faits saillants du budget qui ont trait à la coopération internationale :

  • Engagement envers l'Afrique
    Le gouvernement poursuit l'engagement pris à Kananaskis de consacrer à l'Afrique la
    moitié de l'augmentation de l'aide. Le montant pour l'Afrique atteindra 115 millions $ de
    plus en 2004-2005, et 124 millions $ en 2005-2006.

  • Aide à l'Afghanistan et à l'Irak
    Une partie de ce qui reste du 8 p. 100 d'augmentation sera vraisemblablement octroyée à l'Irak, à l'Afghanistan, et peut-être à Haïti. Le ministre a aussi annoncé 250 millions $ de plus en aide à l'Afghanistan, sur cinq ans. L'Afghanistan et l'Irak ont été les premier et deuxième récipiendaires de l'aide canadienne en 2003-2004, et continueront de l'être en 2004-2005. Entre 2002 et 2008, le gouvernement s'est engagé à accorder 916 millions $ d'aide à ces deux pays. En comparaison, la moitié de l'augmentation de l'aide dans la même période qui va annuellement à l'Afrique s'élèvera à environ 780 millions $. Le budget n'annonce aucune aide additionnelle pour Haïti, bien que celle-ci soit prévisible au cours des prochains mois.

  • Annulation de la dette
    Le ministre a réitéré l'engagement d'annuler " la plus grosse partie de la dette de l'Irak envers le Canada ", qui s'élève à 750 millions $, " en collaboration avec d'autres créanciers par le biais du Club de Paris. " Même si cette annulation n'affecte pas le budget de l'aide internationale, elle va compter pour l'aide publique canadienne au développement l'année de l'annulation. Il est aussi indiqué dans le budget que le Rwanda et le Congo - qui doivent respectivement au Canada
    3,3 millions $ et 45,5 millions $ - profiteront désormais du moratoire sur leur dette puisqu'ils sont maintenant partie au programme des pays pauvres très endettés, les PPTE.

  • Entreprises canadiennes
    Le budget prévoit 5 millions $ et 10 millions $ pour les sociétés canadiennes, respectivement pour les deux prochains exercices financiers. Il reste à mettre au point les détails concernant ces sociétés, mais cet argent s'ajoute aux sommes actuelles allouées pour les activités susceptibles d'être subsumées par les sociétés canadiennes.

  • Défense nationale et réexamen de la politique internationale
    Le budget ne prévoit aucun argent frais pour hausser le budget de la Défense nationale, mais il engage 195 millions $ et 55 millions $ à titre de contribution de l'armée canadienne " à la coalition contre le terrorisme en Afghanistan, pour les deux prochains exercices financiers ". Il prévoit aussi 50 millions $ pour le coût différentiel des opérations de l'armée canadienne en Haïti. Si le ministre s'engage, dans le budget, à assumer le coût additionnel de tout nouveau déploiement imprévu des forces armées l'an prochain, il précise ce qui suit :

« Pour réexaminer sa politique internationale et élaborer sa nouvelle politique de sécurité nationale, le Canada va examiner les besoins financiers à long terme, dans le cadre du réexamen de la capacité de défense stratégique de l'armée canadienne. Rebâtir l'armée en s'inspirant des vieux modèles ne suffira pas… Il va aussi falloir reconnaître la nécessité d'une collaboration beaucoup plus étroite entre les nombreux ministères et agences du gouvernement qui sont engagés dans la lutte contre le terrorisme mondial. »

  • Pas un mot sur les OMD, ni sur l'objectif de 0,7 p. 100 de l'ONU
    Bien que le gouvernement se soit antérieurement engagé à viser l'objectif de 0,7 p. 100 fixé par l'ONU, le budget n'en dit pas un mot, ni ne définit un plan en vue de verser la juste part d'aide additionnelle qui nous revient pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement.

  • Niveau de l'aide pour les exercices 2004-2005 et 2005-2006
    On s'attend que l'enveloppe de l'aide internationale pour 2004-2005 atteindra 3,1 milliards $ (tel que prévu dans le budget fédéral de février 2003), et 3,348 milliards $ en 2005-2006. Le budget ne contient aucun plan à long terme pour cette enveloppe. L'allocation de ces montants sera établie dans le Budget des dépenses, partie III, pour 2003-2004, que le gouvernement publiera le mois prochain. Le CCCI calcule que le niveau l'aide pour 2003-2004 et 2004-2005 demeurera inférieur à 0,3 p. 100 du revenu national brut (RNB), soit environ 0,28 p. 100 pour les deux années.

  • Niveau de l'aide pour 2003-2004
    Le budget ne modifie pas le niveau de l'aide pour 2003-2004. Bien que d'autres montants aient été ajoutés au Budget des dépenses en cours d'année, totalisant 423,2 millions $, l'Inde a mis fin à sa relation d'aide avec le Canada en versant la totalité des quelque 400 millions $ de prêts qui restaient, lesquels seront déduits du budget de l'aide pour 2003-2004. Cela ramène le niveau de l'aide canadienne à environ 0,26 p. 100 du RNB.

Brian Tomlinson Mars 2004


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