CCCI - CCIC
ACCUEIL RECHERCHE PLAN DU SITE CONTACT ENGLISH

Ressources

Information. Engagement. Réseautage.

À PROPOS NOS INTÉRÊTS GROUPES DE TRAVAIL MÉDIAS RESSOURCES MEMBRES
Emploi
Ressources en emploi
Bénévolat et stages
Qui fait quoi
Coin des membres
Passer à l'action
Archives
Publications
Bon de commande
Liens


IMPRIMER

Notes de synthèse du CCCI sur le document de l’ACDI

Pour une aide internationale plus efficace :
Les nouvelles approches du programme canadien d’aide internationale, juin 2001

Le nouveau document de l’ACDI sur l’efficacité de l’aide, diffusé en juin aux fins de consultation publique, propose des principes solides reconnaissant lanécessité de renouveler les stratégies d’aide de l’Agence. Cependant, il omet de prendre en compte les avantages comparatifs du Canada en tant que pays donateur. L’ACDI adhère sans discrimination à l’approche globale de la Banque mondiale. Or, cette option entraînera vraisemblablement une réduction de l’aide accordée aux populations les plus démunies, limitant ainsi l’importance du Canada à titre de donateur.

Pauvreté :

  • L’aide aux populations les plus démunies est à risque face à la priorité accordée aux intérêts à long terme du Canada et aux biens publics à l’échelle mondiale – les mouvements de réfugiés, la sécurité régionale, les stratégies environnementales, l’évolution des maladies dans le monde. Le Canada se doit de promouvoir l’intérêt public mondial. Cependant, comme le soutiennent les Nations unies, ces efforts devraient s’ajouter à l’aide au lieu de pomper l’aide accordée aux pauvres.
  • L’aide n’ira qu’à quelques pays (jusqu’à la moitié des pays de concentration verront l’aide qu’ils reçoivent gelée ou réduite) et les pays privilégiés ne le seront qu’en fonction de leur importance régionale, ce qui vraisemblablement ne comprendra pas les pauvres. Le Canada est un petit donateur international et concentre déjà son aide puisque 70 p. 100 des dépenses par pays (et non par thème ou régions) sont octroyées à 30 pays en développement. Autrefois, L’influence du Canada découlait du résultat de ses approches exceptionnelles qui sont devenues le courant dominant parmi les donateurs (comme l’équité entre les sexes et l’engagement du secteur bénévole). En accordant un peu plus à un petit nombre, le Canada n’optimisera pas son aide modeste.
  • L’absence d’une analyse de la pauvreté. L’objectif d’élimination de la pauvreté perd tout son sens d’indicateur s’il ne s’appuie pas sur une analyse en vue d’en cerner la complexité. Dans son document, l’ACDI admet la centralité de l’aide comme objectif de développement, mais néglige d’élaborer un cadre qui permettrait de dégager les approches efficaces.

Par exemple, pour structurer l’aide de manière à cibler la pauvreté, il faut intégrer : 1) le développement du potentiel humain par l’éducation et les services de santé; 2) la disparité entre les sexes; 3) des programmes destinés aux pauvres là où ils se trouvent (économie rurale, agriculture et sécurité alimentaire, installations urbaines informelles), 4) l’objectif de redistribution des actifs productifs et, essentiellement, 5) le renforcement des droits et de la voix des pauvres dans la société civile.

La société civile (Qui est partie au consensus ? De quelle voix s’agit-il ?) :

  • La nouvelle stratégie de l’ACDI est calquée sur l’approche « Banque » (Banque mondiale, banques régionales de développement et FMI) et penche pour les tribunes multilatérales, cercles coordonnés de donateurs, ainsi que les prestations d’aide de gouvernement à gouvernement. La stratégie marginalise le rôle des organisations de la société civile et des ONG en matière de démocratie et de développement.
  • Les défenseurs des droits de la personne sont désavantagés dans la nouvelle approche. Il est peu probable que l’on consulte les critiques de la société civile qui interpellent les gouvernements nationaux ou qu’on leur alloue des ressources pour financer leurs activités relatives à la stratégie de développement établie par leur gouvernement.
  • La souplesse, l’innovation et la diversité sont minimisées parce que dans les pays de concentration, l’ACDI n’accorde plus son soutien aux projets des ONG et de leurs partenaires du Sud dans les secteurs évacués des objectifs prioritaires nationaux (et ceux de l’ACDI).

Engagement du public :

  • L’engagement du public est passé sous silence. Une stratégie d’aide internationale (pour qu’elle soit viable) doit s’appuyer, au Canada, sur un vaste programme de sensibilisation du public aux enjeux internationaux – afin que Canadiennes et Canadiens s’engagent en tant que citoyens du monde. C’est commettre une erreur flagrante que de changer la formule d’aide à long terme sans se doter d’une stratégie à long terme pour l’engagement du public

Un développement efficace exige des moyens d’action multiples et l’alternance des voix. Ce genre de stratégie globalisante s’avère la clé du succès en coopération internationale – un domaine caractérisé par le risque et des facteurs qui entravent le développement.

Des modèles de développement nationaux à grande échelle, inspirés des banques et coordonnés et dirigés par les bénéficiaires de concert avec les donateurs peuvent être efficaces.

Mais d’autres mécanismes éprouvés, telle la programmation ponctuelle offerte par l’entremise de la Direction générale du partenariat canadien, ne peuvent être réduits au même modèle ou en dépendre.

Les ONG canadiennes et leurs partenaires du Sud ont acquis une riche expérience du développement sur le terrain, laquelle a documenté les approches de l’ACDI et contribué à lui bâtir une solide réputation au cours des trente dernières années. Toute stratégie prospective d’action pour l’aide canadienne doit tirer parti de la diversité des organisations de la société civile et des ONG.

Le CCCI a présenté des recommandations clés suggérant des changements au texte sur l’efficacité de l’aide internationale qui viseraient à :

  • réaffirmer que l’élimination de la pauvreté éclipse le principe d’intérêt personnel comme fondement de l’aide;
  • réaliser l’idée de consultations englobantes sur l’élaboration des programmes par pays;
  • appliquer de façon spécifique le principe de prise en charge par le Sud;
  • affirmer le rôle de la société civile et à appuyer les éléments innovateurs et la souplesse de la programmation nécessaires pour optimiser les activités de développement des ONG;
  • engager l’ACDI à mettre en œuvre un programme d’envergure pour favoriser l’éducation du public quant aux enjeux mondiaux; et
  • inviter les ONG canadiennes à travailler avec l’ACDI en vue d’élaborer des politiques et de promouvoir une cohérence en matière de politique entre les divers ministères et organismes gouvernementaux.

Le CCCI estime que ses recommandations en vue d’apporter des améliorations particulières à la publication Pour une aide internationale plus efficace renforceront de façon appréciable plusieurs des aspects positifs du texte. Nous sommes également convaincus que, laissé telles quelles, les profondes lacunes et erreurs de perspective qu’il comporte finiront par réduire l’efficacité de l’aide du Canada à l’étranger.

Pour un complément d’information, joindre

Gerry Barr ou
Brian Tomlinson
au Conseil canadien pour la coopération internationale
(613) 241-7007

ou visiter la section Orientation politique du site web du CCCI www.ccic.ca 


Recommandations

Les recommandations rattachées à nos observations sur le document Pour une aide internationale plus efficace, ainsi que les renvois au texte auxquels se rapportent les recommandations sont les suivants :

  1. Se référant au chapitre I, « L’importance grandissante de la coopération internationale » (pages 3 à 9) :

    Le CCCI recommande que le gouvernement déclare l’élimination de la pauvreté comme étant la seule finalité de l’aide canadienne et l’objectif premier des relations du Canada avec les pays en développement.

  2. Se référant au chapitre III, « Réponse de l’ACDI » [section (b) « Nouvelles approches de la programmation], ( pages 17-18) :

    Le CCCI recommande que l’ACDI établisse les points de référence précis dans l’établissement des plans et priorités de la programmation par pays, dans les programmes des pays de concentration, qui témoignent de la transparence et répondent aux exigences de l’Agence. Le CCCI soutient fortement les programmes qui sont dirigés par les propres stratégies anti-pauvreté du pays concerné avec la participation de tous, pour lequel un cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) peut ou non se révéler pertinent.

    Ces points de référence doivent au minimum préciser de quelle manière les plans intégreront les préoccupations et le travail des acteurs légitimes et représentatifs du développement touchant la pauvreté, ou qui œuvrent à lever les obstacles entretenant la pauvreté dans un pays déterminé.

  3. Se référant au chapitre III, « Réponse de l’ACDI » (pages 17 à 24) :

    Le CCCI recommande que l’ACDI favorise une plus grande prise en charge par le Sud en se penchant sur son cadre de développement par
  • une analyse de la portée et des objectifs de l’aide technique du Canada, de manière à guider et à perfectionner les compétences dans le Sud et à soutenir la demande de reddition de comptes par les citoyens des pays en développement;
  • un engagement plus grand des mouvements de citoyens et des ONG locales pour qu’ils tiennent les gouvernements et les institutions responsables des programmes axés sur l’élimination de la pauvreté.
  • une plus grande harmonisation entre les méthodes contractuelles et de présentation de rapports et le développement pris en charge par le récipiendaire, les connaissances et la participation locales au processus décisionnel;
  • l’acceptation des délais déterminés sur le terrain pour la réalisation des objectifs de programme;
  • la compréhension que des risques raisonnables, souvent imprévisibles, sont inhérents à la coopération internationale; et
  • la mise sur pied d’un programme d’aide déliée important.
  1. Se référant au chapitre IV, Optimisation de l’efficacité du développement : Les principaux défis stratégiques [(section (e) « Rôle de la programmation ponctuelle »], (pages 36 à 38) :

    Le CCCI propose un autre langage dans les quatre derniers paragraphes de cette section (voir l’Annexe 1) où l’ACDI reconnaît l’importance d’un processus démocratique pour assurer l’efficacité de l’aide et met en valeur cet élément.

    Le CCCI recommande que le document fasse état du partenariat exceptionnel entre l’ACDI et la société civile canadienne et l’apport éventuel de cette dernière aux nouveaux modèles et stratégies à l’intention de l’ACDI en convenant de ce qui suit :
  • une solide intégration de la société civile, dans les pays en développement et au Canada, dans l’établissement des priorités pour les cadres de programmes pays auxquels souscriraient les ONG qui attendent de la Direction bilatérale un financement ponctuel;
  • le respect des fonds indispensables au programme de réduction de la pauvreté pris en charge au niveau local, ainsi qu’à l’innovation et à l’apprentissage en ce qui concerne la société civile du Canada, grâce aux possibilités offertes par la programmation ponctuelle de la Direction générale du partenariat canadien. Celle-ci s’inspire du mandat global et des objectifs prioritaires de l’APD canadienne, à l’exclusion des plans et priorités du programme pays de l’ACDI et des priorités de l’Agence dans les pays de concentration.
  1. Reconnaissant son exclusion du document Pour une aide internationale plus efficace,

    Le CCCI recommande que l’ACDI se donne un cadre de fonctionnement assorti d’importantes ressources, tant humaines que financières, pour la mise en œuvre de sa stratégie actuelle visant l’engagement du public.

Se référant au chapitre V « Au-delà de l’APD : Mobiliser une réponse plus large » (pages 45 à 48) :

Le CCCI recommande que l’ACDI collabore avec les organisations de la société civile canadienne et renforce leur rôle en matière de politique.

Annexe 1

Texte révisé des quatre derniers paragraphes et les « Questions à débattre » de la section (e) « Rôle de la programmation ponctuelle » (pages 36 et 37) :


Les organismes d’aide bilatérale et les organismes partenaires adoptent depuis un certain temps des approches stratégiques de la coopération au développement. Les deux groupes sont maintenant appelés à agir suivant les principes d’un véritable partenariat et de la prise en charge locale et à harmoniser leurs activités de réduction de la pauvreté avec les stratégies élaborées par les partenaires des pays en développement. Cette nouvelle forme de coopération aura des répercussions sur la programmation ponctuelle de l’ACDI. Les stratégies et les mesures adoptées au cours des deux dernières décennies en vue de réduire la pauvreté peuvent être vivement contestées par les États et les acteurs non étatiques dans un contexte politique particulièrement dynamique.

Premièrement, il sera vital de faire en sorte que les stratégies de réduction de la pauvreté receuillent en effet un vaste consensus dans les pays en développement. La programmation ponctuelle peut s’avérer un levier efficace de la démocratisation grâce à la participation des groupes communautaires, des syndicats et d’autres secteurs de la société civile, y compris, mais non exclusivement, le dialogue national nécessaire à l’élaboration de ces stratégies. C’est particulièrement le cas dans les pays où la capacité d’élaborer des stratégies de développement nationales est faible et où le gouvernement est peu représentatif et peu sensible aux besoins des pauvres. Les programmes ponctuels peuvent alors jouer un rôle essentiel pour aider à définir les besoins des plus pauvres, favoriser le changement au sein de la société et faire en sorte que l’aide canadienne parvienne aux plus démunis.

Deuxièmement, à l’avenir, la prise en charge locale signifie que les activités ponctuelles avec leurs équivalents de la société civile dans les pays ayant mis au point de véritables stratégies de réduction de la pauvreté (possiblement un CLSP) jouent des rôles importants. Les acteurs de la société civile des pays ne se contenteront pas seulement de suivre de près les stratégies du gouvernement et des donateurs et les plans de mise en œuvre, mais soutiendront également la programmation participative et innovatrice laquelle, avec le temps, pourrait remettre en question les objectifs prioritaires et les approches des gouvernements et des donateurs.

La prise en charge locale constitue, comme pour l’ACDI, des enjeux pour les organisations de la société civile canadienne, celles-ci ayant évolué et tablé sur des décennies de partenariats sur le terrain. Leur apport doit se traduire de plus en plus par les rôles en matière de politique et leur appui aux priorités du développement qui sont déterminées au niveau local par un éventail d’organisations partenaires des pays en développement, y compris dans les pays de concentration auxquels est destinée la programmation bilatérale de l’Agence. Au cours des 30 dernières années, les mécanismes ponctuels à l’ACDI, en particulier les programmes de la Direction générale du partenariat canadien, ont été en harmonie avec le mandat global de l’Agence et les objectifs prioritaires de ses programmes. Les programmes financés à même les fonds bilatéraux favorisent la mise en œuvre des stratégies par pays de l’ACDI. Celle-ci a joué le rôle de chef de file parmi les donateurs en encourageant les partenariats canadiens en faveur de l’engagement de la société civile dans le Sud. L’Agence a souvent appuyé l’innovation pour la justice sociale et les droits de la personne dans l’activité de développement.

Questions à débattre

Les programmes ponctuels de l’ACDI devraient aider à promouvoir l’innovation et l’engagement civique et démocratique dans les pays en développement qui sont en harmonie avec les véritables démarches participatives globales pour l’élaboration de stratégies de développement prises en charge localement.

Dans les pays où le gouvernement est faible et peu représentatif et où aucune stratégie de réduction de la pauvreté bien définie n’est prise en charge localement, l’ACDI devrait acheminer ses programmes bilatéraux en mettant fermement l’accent sur le dialogue stratégique - en liaison avec ces stratégies. Il faudrait épauler la programmation ponctuelle, conçue en partenariat avec les organisations locales, dans les programmes bilatéraux si elle est compatible avec ces stratégies de réduction de la pauvreté et avec le rôle confié à l’ACDI dans l’action coordonnée des donateurs, et non dans le cas où ils déborderaient de ce cadre.

La programmation de la Direction du partenariat s’appuiera sur le mandat global et les objectifs prioritaires de programmation pour l’APD du Canada et sur de véritables relations de partenariat, mais non sur les objectifs propres aux plans et priorités de programme pays de l’ACDI dans les pays de concentration.


TOP
 
  • COIN DES MEMBRES
  • QUI FAIT QUOI
  • Devenez membre
  • Emploi
  • Programme en 10 points
  • Code d'éthique
  • Bilan de l'aide