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9. Réinvestir dans le programme d'aide à l'étranger

Quand il faut choisir entre envoyer ses enfants à l'école ou les envoyer mendier dans la rue, le dilemme est atroce : si les enfants s'instruisent, ils pourront briser le cercle vicieux de la pauvreté ; mais s'ils ne mendient pas, ils ne pourront pas manger.

Ce dilemme n'a rien d'une invention ; c'est bel et bien la réalité actuelle pour des millions de parents dans les pays en développement.

Nulle part dans le monde les pauvres ne constituent une sorte de minorité susceptible de récolter un jour les bienfaits de la croissance économique, bien au contraire. En fait, les deux tiers de la population mondiale - soit 3 milliards d'individus - vivent avec moins de 2 $ par jour, en moyenne.

Voulant changer cette réalité inacceptable et mettre fin à la pauvreté, de nombreux Canadiens donnent du temps ou de l'argent à des organisations de coopération internationale. Quand le fédéral envoie de l'argent de nos impôts dans les pays du Sud, il contribue lui aussi à cette lutte ; cette forme d'aide s'appelle l'aide publique au développement (APD).

L'APD peut changer bien des choses dans la vie des pauvres : aider à répondre à leurs besoins essentiels tels la santé ou l'éducation, leur donner les moyens de se prendre en main, de promouvoir leurs droits. Et les progrès vont dans ce sens :

  • depuis 1960, c'est-à-dire en 37 ans, le taux de mortalité infantile des pays en développement a chuté de plus de la moitié ;
  • en deux décennies le taux d'inscription des filles dans les écoles primaires et secondaires est passé de 38 à 68 p. 100 ;
  • les programmes financés avec l'APD ont permis de vacciner la moitié des enfants de l'Afrique sub-saharienne contre les maladies courantes, soit 20 p. 100 de plus que dans les années 80.

Malheureusement, quatre décennies d'aide n'ont pas permis de réduire le nombre de pauvres. Le nombre de gens vivant dans la pauvreté extrême (avec moins de 1 $ par jour) augmente à une vitesse effarante. D'après l'ONU, 1,3 milliard d'individus sont dans une pauvreté extrême, luttant à chaque instant pour combler leurs besoins quotidiens les plus fondamentaux. C'est le tiers de la population des pays en développement.

Pire encore, l'écart entre les plus riches et les plus pauvres a plus que doublé en 35 ans. Le cinquième le plus riche de la population mondiale possédait 86 p. 100 de l'économie mondiale avant 1994, tandis que depuis 1960 la part du cinquième le plus pauvre est passée de 2,3 p. 100 à 1,1 p. 100 de la richesse totale.

Alors pourquoi plaider l'augmentation de l'aide devant des résultats aussi mitigés ?

Il n'y a pas d'explication simple ou unique. La campagne en commun s'attaque à de nombreux problèmes qui font que la pauvreté se perpétue. Mais il se trouve aussi qu'une petite partie seulement de l'aide qui est dépensée en faveur des pauvres répond à leurs véritables besoins.

En fait, selon une estimation établie au début de la décennie, moins de 35 p. 100 de l'aide versée par le fédéral à d'autres gouvernements allège directement la pauvreté. Sans compter l'aide alimentaire d'urgence, moins de 20 p. 100 de l'APD canadienne sert à assurer les soins primaires, l'éducation de base, une eau pure, l'assainissement et la planification familiale, c'est-à-dire les besoins essentiels qui doivent être satisfaits pour que prenne fin la pauvreté extrême.

Surtout, une part infime de l'APD vise à favoriser chez les gens de meilleures perspectives et une plus grande maîtrise sur leur vie, ou à bâtir à partir de leurs talents et leurs avoirs. Les femmes, elles, constituent 70 p. 100 des pauvres de la terre ; aussi est-il essentiel de modifier les programmes d'aide de manière qu'elles acquièrent une meilleure maîtrise de leur vie. Or, même si l'éducation de base s'avère décisive sur ce plan pour les femmes et leurs enfants, les gouvernements donateurs dont celui du Canada n'ont pas encore élaboré de stratégie bien précise pour atteindre leur objectif commun de rendre cette éducation de base accessible à tous d'ici à l'an 2015.

Par le passé, l'aide a été trop souvent destinée aux alliés stratégiques du Canada plutôt qu'aux pays et aux populations pauvres. Malheureusement à la fin de la guerre froide le recentrage des fonds sur l'élimination de la pauvreté. Au Canada ce sont parfois les avantages commerciaux et les considérations diplomatiques qui déterminent les pays et les secteurs admissibles à l'aide canadienne et les stratégies utilisées. Même si l'aide liée occasionne une hausse de 15 p. 100 sur le prix des biens et services que les pays béneficiaires doivent acheter au Canada, plus de 30 p. 100 de l'aide bilatérale et multilatérale canadienne est encore liée.

Les exigences relatives à l'aide ne font qu'augmenter, celle-ci devant répondre toujours davantage aux intérêts du Canada : meilleures pratiques environnementales au Sud, meilleures possibilités d'investissements canadiens dans les pays en développement, mise en place de conditions favorables à la paix dans les pays émergeant d'un conflit civil. Stratégiquement, l'aide est peu axée sur la lutte contre la pauvreté ; en plus, l'ACDI, les Affaires étrangères, les Finances et autres ministères concernés ont peu collaboré à la formulation de politiques. Résultat : les politiques canadiennes sont incohérentes et ont des effets contradictoires sur la vie quotidienne de millions de pauvres dans le monde.

Pour finir, les sommes consacrées à l'aide diminuent sans cesse. Le budget de 2 milliards $ alloué par le Canada pour l'aide au développement en 1997 a été le plus bas des 30 dernières années. Il a chuté de 40 p. 100 depuis 1991, tandis qu'il représentait 0,49 p. 100 du PNB. En 1998, il ne représentera plus qu'environ 0,27 p. 100 du PNB. Voilà une mesure de la générosité du Canada.

Que peut-on faire ?

Ces données déprimantes ne doivent pas nous empêcher d'exiger une APD plus importante et mieux dirigée. Car l'aide donne vraiment des fruits si elle est efficace ; pour cela, elle doit à la fois répondre aux besoins fondamentaux et offrir aux pauvres une possibilité réelle d'améliorer leur situation au moyen de programmes élaborés par les citoyens eux-mêmes et soutenus par des politiques gouvernementales.

Déjà l'aide a permis de changer des choses en éducation, au plan de la santé et de l'espérance de vie dans les pays en développement, alors que moins du quart du budget de l'aide a été consacré à ces domaines. Imaginez les réalisations possibles si l'on affectait 60 p. 100 du budget de l'aide, ou même davantage, à l'éducation élémentaire, à l'alphabétisation des adultes, aux soins primaires, à l'assainissement de l'eau et à une participation accrue des pauvres à la défense de leurs droits et de leur bien-être.

Et imaginez si les femmes avaient accès à la terre, au crédit, à la formation ! Avec 30 000 $ seulement, on le sait, 1 000 Pakistanaises se sont instruites une année de plus et augmenté leurs revenus d'environ 20 p. 100 et l'on réussi à sauver la vie de 20 enfants et de trois mères.

Imaginez encore ce qui arriverait dans les pays en développement si les gens pouvaient eux-mêmes décider d'affecter l'aide à la construction des routes rurales ou d'un hangar d'aéroport. Ce genre d'intervention à la base accélérerait l'élimination de la pauvreté.

Inverser le déclin actuel des sommes allouées à la coopération internationale est certes une tâche importante, mais elle ne suffit pas : c'est leur utilisation qui est vraiment déterminante.

Dans le Rapport 1997 sur le développement humain, James Speth écrit : " Les pauvres n'ont pas à souffrir en silence de la pauvreté, ni les détenteurs du pouvoir, à la tolérer. " Car la coopération au développement international - si elle est viable et si elle défend les droits élémentaires des pauvres - peut éliminer la pauvreté. Il ajoute : " Le défi consiste maintenant à mobiliser et à agir - État par État, organisation par organisation, individu par individu. "


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