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8. Promouvoir la responsabilité sociale des individus et des sociétés

Votre café de ce matin a sans doute été récolté par un cultivateur possédant quelques hectares de terre quelque part au Brésil, en Afrique ou en Amérique centrale. Par contre, étant donné la manière dont se pratique le commerce du café, ce cultivateur n'a probablement pas reçu un juste prix pour son travail.

Incapables d'obtenir de prêts pour financer leurs récoltes ou l'achat du camion qui permettrait de commercialiser leur café, les petits producteurs dépendent forcément des intermédiaires ou des usuriers qui achètent leurs récoltes et les revendent aux grandes sociétés exportatrices de café.

Contraints d'accepter le prix fixé par les intermédiaires, ils ne gagnent souvent même pas de quoi vivre.

Les plus petits cultivateurs du Brésil vivent une situation qu'ils n'ont vraiment pas choisie et qui résulte bien davantage du fonctionnement des transnationales, en particulier des 500 plus grandes sociétés qui contrôlent 70 p. 100 du commerce mondial. Certaines ont leur siège au Canada et investissent dans la production des biens de consommation auxquels nous nous sommes habitués.

Une entreprise responsable investit de manière à traiter équitablement les producteurs, travailleurs et travailleuses, et s'abstient de polluer ou de détruire les sols. Mais l'entreprise qui refuse toute responsabilité quant aux conséquences écologiques et sociales de ses activités non seulement crée la pauvreté mais la perpétue. Ainsi, les petits producteurs de café du Brésil qui pour leur travail ne reçoivent même pas de quoi vivre sont forcés de migrer vers les bidonvilles ou vers les plantations des grands propriétaires terriens où ils arrivent à peine à survivre.

Ainsi en est-il de certains grands détaillants de vêtements du Canada et des États-Unis quand ils achètent à des intermédiaires des vêtements haute couture fabriqués dans des conditions épouvantables par des travailleurs et travailleuses mal payés. Et certains d'entre eux, au Canada même, travaillent à domicile dans des conditions tout aussi navrantes.

En tolérant des pratiques semblables, les entreprises deviennent responsables de la persistance de la pauvreté.

Or, quand le premier ministre Jean Chrétien et Équipe Canada sont allés promouvoir le resserrement des liens économiques avec l'Asie au début de 1997, il n'a été aucunement question d'évaluer l'impact social et environnemental des investissements du Canada et de ses liens commerciaux.

Mais aux Philippines, des manifestants en colère ont pris à partie Équipe Canada pour les dommages causés à l'environnement par la société minière canadienne Placer Dome qui avait déversé quelques mois plus tôt 3,5 millions de tonnes de déchets toxiques dans le système fluvial et jusque dans le Pacifique. Ainsi, ce déversement a affecté la santé et pollué l'environnement de plus de 20 000 habitants de 27 villages.

Protéger l'environnement n'est pas chose facile pour le gouvernement philippin. L'évolution des règles commerciales depuis les années 60 fait que les gouvernements ont progressivement perdu le pouvoir de contrôler leur économie, de réglementer les sociétés transnationales et de protéger le bien public. Et aucun organisme international n'a été créé dans le but de combler cette lacune. Voyons plutôt…

Les gouvernements ont rapidement déréglementé leurs économies : entre 1991 et 1994, sur les 374 lois importantes adoptées par des gouvernements nationaux sur les investissements des sociétés, 369 visaient à éliminer des règlements.

Plus de 40 p. 100 du commerce mondial est aujourd'hui effectué par les 350 plus grandes sociétés, dont le chiffre d'affaires dépasse le PNB de nombreux pays.

Nous qui consommons les produits de ces sociétés sommes loin d'assumer notre responsabilité dans le maintien de la pauvreté. Nous avons tort, car notre monde industrialisé utilise deux fois plus de terres agricoles, consomme trois fois plus d'eau et dix fois plus d'énergie que les pays en développement.

Que peut-on faire ?

Les Canadiens et les Canadiennes sont sensibles aux pratiques des sociétés dont ils achètent les produits. Selon un sondage effectué en 1995 sur le commerce au détail, 90 p. 100 des répondants ont dit qu'ils accepteraient volontiers de payer plus cher pour des vêtements fabriqués dans de bonnes conditions de travail.

Des syndicats, des organisations religieuses et divers autres groupes ont uni leurs efforts dans le but de modifier le comportement des consommateurs, les pratiques commerciales fondées sur l'exploitation et les investissements destructeurs de l'environnement. La pression du public commence à porter fruit. Par exemple :

  • Des manufacturiers de vêtements et de chaussures ont fixé des codes de conduite volontaires pour leurs contractants. Selon ces codes, les employés doivent recevoir le salaire minimum fixé par la loi et le travail des enfants est interdit. Mais il est essentiel que l'application des codes de conduite fasse l'objet d'un contrôle ; c'est pourquoi Développement et Paix, une ONG canadienne, fait pression sur les sociétés Nike et Levi Strauss pour que des spécialistes des droits de la personne indépendants contrôlent l'application de leurs codes de conduite dans les pays qui accueillent leurs usines.
  • Au Canada, un réseau international d'Églises et de groupes de justice sociale, de syndicats, de producteurs agricoles et de sociétés commerciales nouveau genre a créé la vignette Transfair. La vignette est apposée sur l'emballages de café, le thé, le sucre, le cacao et le miel qui sont mis en marché d'une manière équitable. La vignette certifie que ces produits proviennent de fermes et de coopératives organisées de manière démocratique et que leur prix reflète correctement la valeur du produit et du travail investi.
  • Un autre système de certification a été mis en place par des exportateurs et des industriels du tapis, par des ONG et par UNICEF-Inde, dans le but d'inciter les fabricants de tapis en Inde à payer leurs employés au moins le salaire minimum et à cesser d'employer des enfants. Ainsi, pour être certifiés Rugmark, les fabricants doivent se soumettre régulièrement et sans préavis à l'inspection.
  • Des institutions financières ont créé de nouveaux fonds d'investissement qui répondent aux critères sociaux et environnementaux des investisseurs. À ce jour, 90 000 investisseurs ont placé 2,2 milliards $ dans les 15 fonds de ce genre qui ont été créés.

Jusqu'à présent, la plupart des entreprises se comportent comme si leur principale responsabilité était d'offrir le meilleur rendement possible aux actionnaires. Certaines entreprises commencent toutefois à comprendre qu'elles doivent rendre compte non seulement aux actionnaires mais également à toute la collectivité qui regroupe en quelque sorte les actionnaires que nous sommes tous.

En définitive, les gouvernements doivent insister pour que les entreprises répondent des conséquences de leurs activités. Ils peuvent en outre, avec les citoyens, donner un appui aux entreprises (et aux hommes et femmes qui y travaillent) qui acceptent d'assumer la responsabilité découlant du pouvoir qu'elles détiennent.

La Canadian Taskforce on the Churches and Corporate Responsability, une coalition d'Églises préoccupées par la responsabilité des sociétés, et Développement et Paix tentent de définir - de concert avec des organismes du Royaume-Uni et des États-Unis - un ensemble de principes et de points de repère susceptibles d'amener les entreprises à rendre des comptes dans leur pays et ailleurs dans le monde.

De plus, les groupes qui surveillent l'activité des entreprises demandent aux gouvernements de modifier les lois et règlements de manière à promouvoir leur responsabilité. Que la Loi sur les sociétés par actions, par exemple, soit modifiée de façon que les entreprises qui ont des activités outre-mer se dotent d'un code de conduite dont l'application sera contrôlée par des vérificateurs indépendants, et que chaque année elles rendent des comptes à leurs actionnaires.

L'intérêt même des entreprises exige qu'elles soient des citoyens du monde responsables, car elles sont menacées tout autant que les individus par la détérioration de l'environnement ainsi que par l'instabilité et le chômage élevés résultant de l'écart croissant entre riches et pauvres.

Les sociétés jouent un rôle de plus en plus important dans notre vie. La qualité de vie de tous les citoyens sera meilleure si elles deviennent responsables au plan social et environnemental.


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