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7. Promouvoir la sécurité alimentaire

« Pour le moment je ne demande rien d'autre que la justice de manger. »

Pablo Neruda, La grande nappe


Chaque matin, des millions de gens se lèvent en sachant qu'ils n'auront pas assez à manger ce jour-là. La faim est l'un des signes de pauvreté les plus manifestes et les plus révélateurs. Il est tout à fait déraisonnable que la faim existe alors que la Terre produit suffisamment pour nourrir chaque être humain.

Des raisons nombreuses et complexes expliquent cette anomalie : destruction de l'environnement, épuisement commercial des ressources halieutiques, système commercial mondial favorisant la production de denrées pour l'exportation plutôt que l'autosuffisance locale.

Dans les années 70 et 80 la révolution verte a poussé hors de chez eux petits propriétaires et propriétaires communaux lorsque les gouvernements et les élites rurales ont assuré leur emprise sur de grandes propriétés qu'ils ont livrées ensuite à l'agriculture à grande échelle et à la haute technologie.

Les cultures locales résistaient aux déprédateurs et à la sécheresse. Les remplacent désormais des variétés hybrides moins résistantes, protégées et brevetées par des particuliers. Elles ont un bien meilleur rendement mais elles nécessitent de grandes quantités d'énergie et de fertilisants commerciaux souvent importés. La pêche et l'agriculture traditionnelles, qui ont déjà fait vivre les collectivités, ont maintenant fait place au chômage et aux emplois mal rémunérés.

La faim frappe même dans les pays qui ont suffisamment de provisions alimentaires, et en fait dans notre cour arrière, si l'on observe bien. D'après l'Association canadienne des banques alimentaires, qui a fait enquête en 1997, 2,5 p. 100 des Canadiens avaient de la difficulté à se nourrir convenablement ; c'est deux fois plus qu'en 1989. L'aide sociale a subi d'importantes réductions en 1995 ; depuis, le nombre d'individus ayant recours aux programmes alimentaires d'urgence en Ontario a augmenté de 30 p. 100.

En mars 1997, 450 banques alimentaires nourrissaient près de 700 000 personnes au Canada. Que la faim sévisse dans un pays aussi riche que le Canada prouve l'échec de la politique du gouvernement, l'incapacité de ce dernier à créer suffisamment d'emplois et les effets négatifs des compressions dans les services sociaux essentiels.

Quel que soit notre degré de sécurité alimentaire, celle-ci repose au Nord comme au Sud sur un système de monocultures et de cultures d'exportation. Au Canada, l'approvisionnement de nos aliments ne permet pas aux cultivateurs et aux pêcheurs de subvenir à leurs besoins. Les cultivateurs ont besoin de plus en plus de terre pour survivre. Les transnationales peuvent approvisionner nos tables à moindre coût grâce au libre commerce plus facile des produits alimentaires et parce que, souvent, elles contractent de petits agriculteurs ou exploitent la main-d'œuvre rurale des pays du Sud.

Le problème se complique dans de nombreux pays en développement, quand la production alimentaire intérieure ne peut satisfaire aux besoins caloriques et nutritifs de la population et que le manque d'argent empêche d'importer des denrées pour combler ce déficit alimentaire.

Au Nord comme au Sud, les plus éprouvés sont les pauvres : petits propriétaires, gens sans terre ou vivant de la pêche, réfugiés, autochtones, ou migrants ayant quitté récemment leurs campagnes devenues trop pauvres.

Les femmes écopent plus que tous les autres, quoiqu'elles produisent bien plus que la moitié des denrées en Afrique, en Amérique latine et en Asie. Dans les régions rurales, les lois sur la propriété foncière, la coutume ainsi que les modes de développement agricole bloquant l'accès à la terre, au crédit et aux technologies entravent la capacité de production des femmes.

Dans les villes, en raison de la difficulté de trouver un emploi, les femmes ne peuvent acheter des aliments. Le manque de services sociaux, en milieu urbain ou rural, alourdit leur fardeau et leur laisse de moins en moins le temps et l'énergie pour faire un travail salarié ou produire des aliments.

Et dans beaucoup de pays, en raison de leur statut inférieur, les filles et les femmes mangent après les garçons et les hommes - et il leur reste souvent bien peu à manger.

Que peut-on faire ?

La sécurité alimentaire est assurée quand chaque individu a économiquement et physiquement accès en tout temps à une alimentation saine, nutritive et susceptible de répondre à ses besoins diététiques et à ses goûts, de manière à jouir d'une bonne santé et à mener une vie active. Sommet mondial de l'alimentation, 1996.

En 1996, plus de 100 pays, réunis à Rome pour le Sommet mondial de l'alimentation, ont convenu que toute personne a droit à une alimentation équilibrée à la fois saine et nutritive.

Ils se sont ensuite fixé comme objectif de faire passer le nombre de personnes sous-alimentées de 800 à 400 millions d'ici à l'an 2015.

Voilà un objectif réaliste qui exige toutefois que chaque gouvernement se dote d'une politique nationale compatible avec un système régional de production et de distribution des denrées alimentaires. Ces politiques nationales favoriseraient également l'utilisation de méthodes agricoles viables.

Si les grands pays producteurs de denrées n'exportaient plus leurs produits sous les prix du marché, alors les producteurs des pays en développement se trouveraient protégés et l'on aurait en main les éléments essentiels d'un système alimentaire mondial sécuritaire.

Partout dans le monde, les gens triment dur pour atteindre la sécurité alimentaire. Aujourd'hui, au Brésil, à la suite de la campagne d'action civique menée en 1993 à la grandeur du pays par les associations de quartiers, les églises, les sociétés, les syndicats et les écoles, quelque 3 000 comités indépendants s'affairent à soulager de la faim 32 millions de Brésiliens.

Cette campagne a fait naître à la base une autre approche politique et une nouvelle forme d'organisation plus décentralisée. Le sens de l'initiative et la générosité, greffées sur la réalité incontournable de la faim, ont donné naissance à un puissant mouvement de changement social et forcé le gouvernement brésilien à reconnaître le problème de la faim.

Dès 1993 un conseil national pour la sécurité alimentaire a été mis sur pied comme mécanisme essentiel pour forcer l'État à organiser la distribution massive d'aliments aux deux millions de familles du nord-est brésilien éprouvées par la sécheresse.

En 1997, l'intérêt croissant pour la situation des pauvres a créé dans la population un climat de sympathie et d'appui pour l'action plus radicale des organisations populaires rurales, y compris la revendication d'une réforme agraire et l'occupation des terres en friche.

En Éthiopie, en Inde, au Kenya, les semences d'origine sont recueillies, préservées et utilisées par des ONG en vue du rétablissement de la diversité génétique de cultures vivrières locales qui résistent aux maladies et aux déprédateurs nouveaux et qui poussent sans irrigation ni produits chimiques.

Partout dans le monde se sont formés des groupes de défense des droits des cultivateurs en vue de s'opposer aux monopoles qui contrôlent les semences des productions végétales

Le phénomène s'observe même au Canada. En Saskatchewan, par exemple, des cultivateurs essaient de nouvelles formes de régime foncier fondées plutôt sur des intérêts collectifs. Ils veulent développer une agriculture viable et pouvoir produire eux-mêmes des aliments sains et nutritifs.

À Toronto, les habitants des quartiers populaires peuvent se procurer des produits frais grâce au programme municipal De la Terre à la Table. En réduisant le coût des produits aux consommateurs, ce réseau de distribution directe contribue à l'économie alimentaire locale et assure le gagne-pain des producteurs locaux.

Dans les Maritimes, des pêcheurs indépendants se regroupent, en organisations de plus grande taille pour être en mesure de mieux gérer la pêche côtière en fonction des intérêts des villages côtiers.

Ces initiatives qui en grande partie viennent des pauvres, et les servent, montrent tout ce qu'on peut faire avec une technologie simple et un peu de soutien du gouvernement. L'ingénuité des hommes conjuguée à l'engagement des gouvernements et de la communauté internationale à mettre fin à la pauvreté, pourrait bien faire du « droit à l'alimentation » une réalité.


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