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6. Bâtir la paix

« La sécurité ? C'est un enfant qui n'est pas mort, une maladie qui ne s'est pas répandue, une violence qui n'a pas explosé entre ethnies, un dissident que l'on n'a pas fait taire… La sécurité des hommes et des femmes n'est pas une affaire d'armements, mais de dignité humaine. »

Mahbub ul Haq

La civilisation moderne se fonde en bonne partie sur la guerre ou la préparation de la guerre. Il existe un lien très net entre la pauvreté généralisée et le fait que le monde compte sur la force militaire pour résoudre ses conflits. Les sommes que l'on est censé investir dans l'éducation et la santé sont détournées à des fins militaires.

D'après les Nations unies, 25 pays dépensent plus en armements qu'en éducation; et 15 pays dépensent plus en armements que dans l'éducation et la santé combinées. Et ça ne s'arrête pas là, car les dépenses militaires entraînent des coûts additionnels considérables.

À la fin, ce sont les plus vulnérables qui paient. Depuis 1960, 80 p. 100 des victimes de guerre sont des civils, en majorité des femmes et des enfants des pays parmi les plus pauvres d'Amérique latine, d'Afrique et d'Asie. Entre 1982 et 1992, 1,5 million d'enfants ont été tués dans les zones de conflit et 4,5 millions d'autres ont survécu mais sont restés infirmes.

Les armes vendues à des gouvernements étrangers se retournent souvent contre leurs propres citoyens. Même si le Canada ne figure pas parmi les pires contrevenants, 40 p. 100 des armes qu'il a exportées en 1995 ailleurs qu'aux États-Unis se sont retrouvées aux mains de violateurs des droits de la personne et dans certains pays aux prises avec un conflit armé qui a fait un nombre de victimes civiles considérable. Les villageois ont été déracinés, et les femmes et les enfants des camps de réfugiés ont été maltraités.

Entre 1985 et 1996, par exemple, les conflits armés, dont la plupart résultaient de tensions ethniques ou religieuses mais aussi et de plus en plus souvent de la désintégration des États, ont forcé plus de 46 millions de personnes à se réfugier ailleurs ou à se déplacer dans leur propre pays. C'est deux fois plus qu'au cours de la décennie précédente.

La guerre et la préparation de la guerre causent aussi des dommages écologiques, détruisant à la fois l'histoire et l'héritage. Ainsi, la marée noire répandue à la suite de la destruction par l'Iraq des puits de pétrole du Koweït avait la taille de l'Irlande du Nord. Et dans certains pays parmi les plus pauvres du monde, des terres fertiles sont rendues incultivables par la présence de mines antipersonnel.

Au Cambodge, 1 800 champs de mines ont transformé en jachère 300 000 hectares de terre naguère productifs. Il en coûte entre 5 et 50 $ pour fabriquer et enfouir une mine, mais environ 1 000 dollars pour la retirer.

Mais on ne peut évaluer la perte de vies humaines en dollars, car les mines antipersonnel estropient ou tuent des hommes, des femmes et des enfants pendant des décennies après le cessez-le-feu. La plupart des Cambodgiens qui marchent sur une mine sont des civils : ainsi un Cambodgien sur 236 est amputé.

Les gens qui subissent les conséquences directes et indirectes de la guerre et des dépenses militaires engagées pour la préparer ont perdu la possibilité de se prendre en charge. Finalement, la sécurité économique ne peut exister sans la sécurité physique. Voilà un fait élémentaire à prendre en compte dans la lutte pour éliminer la pauvreté dans le monde.

Que peut-on faire ?

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La paix, loin de signifier simplement l'absence de guerre, est l'alternative à façonner et à laquelle il faut consacrer les sommes nécessaires.

Michael Renner, Worldwatch Institute

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Si l'on accordait réellement de la valeur à une paix durable, cela changerait tout, ou presque. La prévention des conflits deviendrait prioritaire non seulement pour la politique étrangère des gouvernements ou pour les organisations humanitaires, mais pour chacun et chacune d'entre nous.

Les gouvernements, les ONG et les organisations des citoyens sont en train d'apprendre à éviter la pente qui mène à la violence et à la guerre. Grâce aux efforts de consolidation de la paix, les gens deviennent moins vulnérables, les tensions se relâchent et la confiance renaît. Au sein des collectivités, les ONG peuvent agir comme médiatrices ou diplomates informels, et elles peuvent offrir les outils de base nécessaires pour rebâtir les sociétés.

Une aide extérieure minime suffit pour faire réapparaître chez les gens la capacité et le désir de s'engager en vue de rendre leurs collectivités meilleures.

Le Canada devrait appuyer activement les réformes structurelles, là où la pauvreté engendre le conflit, c'est-à-dire quand il y a injustice économique flagrante, discrimination politique ou violation des droits de la personne.

L'ambassadeur du Chili, Juan Somavia, qui a dirigé le Sommet mondial sur le développement social, en 1995, a récemment rappelé cette réalité aux ONG du Canada, soulignant que « les sociétés développées atteignent la stabilité en ajoutant des éléments d'équité [… de sorte que] les gens ont le sentiment d'être partie prenante, ils sentent et espèrent qu'avec l'éducation, et d'autres moyens encore, les choses pourraient s'améliorer ».

Bref, l'élimination de la pauvreté et la promotion de la justice sont les fondements de la paix.

La tâche ne sera pas facile. Attendons-nous à des résistances de la part des fabricants d'armes du Canada à qui l'on interdira d'exporter vers des pays ouvertement engagés dans un conflit armé. Le gouvernement devra alors offrir des primes pour convertir leurs usines à des fins civiles.

La volonté politique décisive peut changer quelque chose - comme l'a bien montré le Canada en décembre 1997, quand il a convaincu 121 pays de signer le traité interdisant la production et l'utilisation des mines antipersonnel. Et il lui aura fallu moins d'un an de négociations pour y parvenir!

Le fédéral doit encore faire preuve de leadership en mettant en place un mécanisme public de réexamen des lois régissant l'exportation des armes. Ce mécanisme permettrait d'évaluer les répercussions de chaque vente potentielle d'armements sur les populations et les régions.

L'armée canadienne, au lieu de se concentrer sur la préparation de la guerre, devrait plutôt investir ses ressources, ses armements, ses achats et sa formation dans le maintien de la paix. Une force canadienne plus spécialisée pourrait assurer les trois volets essentiels de la défense : maintien de la paix, sécurité intérieure et garde côtière, avec un budget de 7,5 à 8 milliards $, soit environ 2,5 milliards $ de moins que les dépenses militaires de 1997.

Les sommes ainsi épargnées pourraient subventionner le redressement de la coopération au développement, les opérations de déminage ou d'autres formes de contribution non militaire à la sécurité mondiale.

Partenaires dans notre propre évolution, nous les humains sommes sur terre les seules créatures susceptibles d'imaginer une autre réalité et de faire qu'elle advienne. À l'avenir mû par le conflit et axé sur la guerre, il existe des solutions susceptibles d'éloigner de nous l'instabilité sociale et de transformer les conditions sociales.

Chacun de nous peut contribuer à cette autre réalité qui va nécessiter un leadership politique imaginatif combiné à des mouvements populaires dynamiques. La mise en place de solutions qui remplacent la violence comme moyen de résoudre les conflits n'est-elle pas la plus heureuse manière de sortir de ce siècle marqué par la guerre et la destruction ?

Et pourquoi pas, ensemble, faire du XXIe siècle l'Âge de la Paix ?


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