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3. Instaurer un ordre économique mondial plus équitable

Une économie mondiale prospère ne peut s'édifier sur la misère, la déchéance et l'ignorance. En cette fin de siècle, le gouvernement fédéral, soutenu par les mouvements populaires, a adopté des lois prévoyant l'universalité des soins de santé et de l'éducation, la protection des travailleuses et des travailleurs et l'encadrement juridique des activités des gens d'affaires. Il en a résulté au sein de notre société une amélioration sans précédents de la santé et de la richesse, des connaissances et des possibilités, de la productivité et de la créativité. Nous devons maintenant établir un cadre similaire pour assurer la protection et le bien-être des gens à l'échelle mondiale et pour en faire le fondement de la mondialisation économique.

Le système financier mondial tel qu'il existe s'avère la principale cause de l'appauvrissement des gens.

Les pays pauvres, on le sait, ont des dettes colossales. Avec la « crise de l'endettement » des années 80, la dette des pays en développement, ayant atteint 1 100 milliards $, ne devait plus augmenter. Or, elle a atteint 2 300 milliards $ avant 1997. Plus la dette est élevée, plus élevés sont les paiements remis aux banques et aux créanciers du Nord, soit 1 900 millions $ versés entre 1981 et 1990… et autant d'argent en moins pour les plus pauvres du monde.

Depuis, la Banque mondiale n'a pas cessé de dicter aux pays du Sud les solutions à leurs problèmes : ouvrez votre économie au monde. Stimulez les exportations; chez vous réduisez les dépenses publiques et privatisez les services. La plupart des pays se sont conformés, avec des résultats désastreux pour la population. Car, au lieu de développer une économie où les gens cultivent pour se nourrir et où le travail est organisé de manière à approvisionner les marchés locaux et internationaux, ces mesures ont fait passer plus de terres au service des grandes sociétés agro-industrielles et ont incité souvent les industries les plus modernes à produire pour l'exportation.

Le Mexique a pris ces conseils à la lettre et privatisé les services de santé. Dans les années 80, le budget de la santé est ainsi passé de 4,7 p.100 à 2,7 p. 100 du budget des dépenses publiques, dans un pays où 42 millions d'habitants, soit près de la moitié de la population, sont considérés comme extrêmement pauvres et peuvent difficilement assumer les « frais des usagers » pour les services médicaux. Chaque jour, 80 bébés de moins d'un an meurent de malnutrition au Mexique, À l'autre extrême, les avoirs du Mexicain le plus riche dépassent les revenus des 18 millions de Mexicains les plus pauvres.

Les économies des pays du Sud dépendent de plus en plus de l'économie mondiale. C'est ce que l'on appelle la mondialisation. Les choses changent rapidement, mais le coût de ce changement est porté par les pauvres.

Les avantages économiques de la mondialisation, par contre, restent aux mains des institutions financières et des investisseurs - c'est-à-dire de ceux-là mêmes qui profitent de l'absence de réglementation économique mondiale.

Et de nouvelles règles sont en préparation. Lors de la réunion ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) tenue en décembre 1996, les pays riches n'ont pu convaincre les pays pauvres de conclure le traité sur les investissements, que certains appellent « la charte internationale des droits et libertés des sociétés ». Les pays en développement ont craint en effet de perdre le peu de contrôle qu'ils exercent sur l'avenir de leur économie, c'est-à-dire le contrôle dont ils ont besoin pour diriger leur économie vers la croissance et l'équité. Les pays riches ont donc adopté une autre tactique. Ils ont négocié entre eux, à titre de membres de l'OCDE, l'Accord multilatéral sur l'investissement (AMI) qu'ils inviteront ensuite les autres pays à signer quand il sera arrêté définitivement.

Cette tactique du pied dans la porte a donné aux partisans de l'AMI, dont le Canada, un moyen de plus pour faire pression sur ceux qui s'opposent à eux au sein de l'OMC. Le processus menant à la conclusion de l'AMI repose sur la prémisse que les intérêts des sociétés égalent ceux du bien commun, il ne reconnaît nulle part que la croissance doit s'accompagner d'équité.

« Nous sommes en train de rédiger la constitution d'une économie mondiale unique » s'est exclamé Renato Ruggiero, le directeur général de l'OMC, à la réunion ministérielle de 1996.

Mais quand les politiciens se réunissent pour récrire la constitution du pays, ils doivent tenir compte des points de vue et opinions des citoyens.

La consultation et la participation publiques reflétant l'équité sont tout aussi vitales au moment de rédiger la « constitution » d'une économie mondiale.

Car le commerce et l'investissement, tout comme le marché, ne sont pas des fins en soi, mais bien des instruments que doivent contrôler les pays pour qui la croissance ne va pas sans l'équité. Responsabilité et reddition de comptes vont de pair avec droits et libertés. Si les sociétés transnationales veulent une charte des droits et libertés, qu'elles se soumettent alors à un code de conduite international protégeant les droits des États et de leurs citoyens.

Les accords sur le commerce ou les investissements doivent reconnaître les besoins particuliers des pays du Sud et donner plus de poids aux pays pauvres dans la direction de leurs affaires. Ce principe s'impose à mesure que les barrières commerciales sont levées, que les économies du Sud sont moins protégées et qu'elles n'ont plus un accès préférentiel aux marchés du Nord. Le terrain de jeu mondial n'offre pas des changes égales et certains joueurs étant beaucoup plus forts que d'autres. Il faut respecter le droit des pays à déterminer de façon démocratique les stratégies locales, régionales et nationales favorisant le mieux le développement viable.

Quelques pays seulement, tels le Brésil, ont réussi à développer un secteur manufacturier assez puissant. Plus de 100 pays en développement, par contre, dépendent toujours de l'exportation de leurs matières premières pour acquérir des devises. Or, les prix de ces matières premières ont chuté en moyenne de 3,4 p. 100 par année entre 1979 et 1994 et les projections d'ici l'an 2000 ne sont guère plus reluisantes.

Un système commercial international plus équitable tiendrait compte de la faiblesse de la plupart des pays en développement en leur accordant un accès préférentiel aux marchés du Nord. Et l'aide internationale, investie dans d'autres secteurs et non pas seulement l'exportation, pourrait renforcer les économies nationales afin que chaque pays puisse produire ce qu'il faut pour satisfaire aux besoins essentiels de ses citoyens.

L'endettement cumulatif doit lui aussi être résolu, en particulier pour les 41 pays les plus pauvres. À leur réunion annuelle de 1996 le FMI et la Banque mondiale ont dressé un plan afin que ces pays atteignent d'ici 2002 un niveau de dette qui soit viable. Censé prendre la forme d'une aide intégrée, le plan a manqué de souplesse, ne touchant que quelques pays, et sa mise en œuvre précipitée s'est embourbée devant l'intransigeance de quelques pays donateurs. On ne doit pas alléger la dette en puisant dans les flux d'aide; cela équivaudrait à donner un peu de la main droite tout en retirant beaucoup de la main gauche. L'allégement de la dette doit faire partie d'une stratégie plus vaste visant à réformer les institutions financières et à les centrer sur l'élimination de la pauvreté.

Un ordre économique mondial plus juste exige d'autres actions concrètes. L'on pourrait ainsi commencer par imposer des restrictions et des intérêts au commerce spéculatif des devises. L'imposition d'une taxe de moins de un demi p. 100 rendrait l'économie internationale plus stable et générerait des milliards de dollars pour les soins de santé et l'éducation dans le monde.

Le libre-échange et les marchés non réglementés facilitent l'accumulation des investissements et des profits par les sociétés transnationales. Mais ils n'aident pas nécessairement les pauvres à combler leurs besoins. Ils contribuent dangereusement à l'instabilité en creusant le fossé entre riches et pauvres, ils créent une volatilité qui risque de faire fondre autant les économies nationales que l'économie mondiale.

La prospérité et le commerce mondiaux dépendent, d'une part, des programmes axés sur la lutte contre la pauvreté et l'injustice dans le monde et, d'autre part de la réforme démocratique des institutions financières et commerciales internationales.

Nous pouvons aider à mettre en place le cadre de la prospérité mondiale, tout comme nous avons mis en place celui qui a assuré la prospérité dont la population canadienne a joui au cours de ce siècle. Nous pouvons mettre fin à l'incidence généralisée de la pauvreté, de l'instabilité et de l'injustice.

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