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1. Promouvoir le développement viable

Promouvoir et hâter la concrétisation des engagements envers le développement viable énoncés dans Agenda 21 et issus de Sommet de la Terre tenu à Rio en 1992. Quiconque oublie de changer l'eau de son poisson rouge et finalement le trouve flottant le ventre en l'air sait pertinemment que ce qu'on ne voit pas peut, en fait, nous faire mal. Car l'eau qui contient suffisamment d'oxygène ressemble beaucoup à celle qui en manque, et les signaux de détresse lancés par le poisson rouge sont finalement à peine perceptibles.

Ainsi en est-il des humains. Malgré leurs signaux de détresse nettement plus criants - suicide, violence, alcoolisme, pauvreté, malnutrition -, ils ignorent depuis déjà trop longtemps le lien entre la détérioration de l'eau dans le bol du poisson, la Terre-Mère, et leur état de santé physique et mentale collectif.

Détérioration de l'environnement et pauvreté vont de pair. La première mine la capacité des gens de subvenir à leurs besoins et en fait les accule à la pauvreté. Ainsi, au nom de la réforme macro-économique, on transforme les mangroves en fermes à crevettes, on intensifie l'extraction des minéraux et l'on convertit les forêts en devises étrangères.

Sur les côtes de l' Inde, de la Thaïlande, du Bangladesh, de l' Équateur et du Honduras, l'élevage des crevettes a remplacé l'agriculture de subsistance. Non seulement des terres agricoles et des milieux humides extrêmement fragiles sur le plan écologique s'en trouvent-ils détruits, mais cela crée effectivement de la pauvreté. Des ressources qui s'avèrent des moyens d'existence essentiels pour les populations locales sont ainsi laissées aux mains de quelques grands propriétaires et des grossistes en crevettes. Au Bangladesh, par exemple, chaque emploi créé dans l'industrie aquicole fait perdre au moins dix emplois en agriculture. Alors que les fermes à crevettes ne sont productives que durant quelques années, il faut plus de 30 ans pour revaloriser les terres devenues trop salines.

Il est impossible d'éliminer la pauvreté sans s'attaquer aux problèmes environnementaux. Les ressources de la Terre dont nous avons besoin pour vivre existent en quantité limitée, il faut les utiliser avec circonspection. Voilà ce que signifie le terme fort juste de " développement viable " : maintenir le développement à un rythme qui permet à la ressource agricole, forestière, halieutique ou atmosphérique, de se renouveler par elle-même.

En d'autres mots, on peut consommer le lait, sans tuer la vache.

Or, au rythme effréné actuel, nous risquons de plus en plus de tuer la vache. En moins de 40 ans, en effet, les humains ont consommé plus de richesses naturelles qu'au cours des 100 000 années précédentes.

Malheureusement, que ce soit de manière délibérée ou par apathie, par ignorance ou par la force, les humains courent lentement à leur perte, par négligence. Voyons quelques faits :

  • Dix-sept des plus grandes zones de pêche au monde ont atteint ou dépassé le seuil de la viabilité et neuf d'entre elles sont nettement en déclin ;
  • Sur la côte Atlantique, l'industrialisation a fait perdre leurs moyens d'existence, en tout ou en partie, à près de 15 000 pêcheurs de poisson. L'économie locale a chuté de façon dramatique dans 175 villages de pêcheurs, et 200 autres villages ont été gravement touchés ;
  • Au Canada, l'émission des gaz à effet de serre - l'une des principales causes du changement climatique - est au moins 13 p. 100 plus élevée qu'en 1990, malgré le fait qu'en 1992 le Canada s'est engagé à Rio à stabiliser d'ici à l'an 2000 les émissions à leur niveau de 1990 ;
  • Chaque jour, une centaine d'espèces végétales ou animales disparaissent; et la Terre perd aujourd'hui plus d'espèces en une semaine qu'au cours des trois derniers siècles combinés.

Les gouvernements, au nom du libre-échange et des bouleversements qui en résultent, se font retirer le pouvoir de gérer les effets de la mondialisation de l'économie. Ils sont contraints à choisir : ouvrir leur marché ou ne plus pouvoir trouver de capitaux d'investissement. Dans le Sud, les gouvernements sacrifient les forêts communales et de vastes étendues de terres agricoles en échange d'un léger surplus de devises à court terme accompagné parfois d'une réduction des profits. Ainsi, la pauvreté entraîne parfois ces pays vers la destruction accélérée de leur environnement.

Les paysans sont dépossédés : environ le sixième des populations du Burkina Faso et du Mali ont été déracinées à cause de la dégradation des sols. Et à l'échelle de la planète, 135 millions de personnes risquent de perdre leurs terres en raison de la désertification accrue.

Pourtant, rien de tout cela n'est inévitable ; les moyens permettant de renverser cette trajectoire suicidaire existent bel et bien.

Que peut-on faire ?

Il faut en premier lieu rétablir le contrôle local des ressources. Lorsqu'une collectivité peut maîtriser les ressources dont elle dépend depuis toujours, elle est matériellement incitée à les conserver. Les coopératives populaires, les microentreprises et le crédit à petite échelle aident les collectivités à mettre sur pied des projets de foresterie viable, de conservation des semences ou d'aménagement environnemental.

Les gouvernements doivent prendre leurs responsabilités : au Sud, ils doivent investir dans l'assainissement et l'éducation ; et partout dans le monde, ils doivent, en partenariat avec les citoyens et les milieux d'affaires, trouver et mettre en œuvre de nouvelles méthodes de production et fixer des limites viables à la propriété et à la consommation des biens. D'autres genres de commerce - tel Bridgehead au Canada - ainsi que l'achat des produits portant des éco-étiquettes méritent d'être appuyés.

De plus, les gouvernements du Nord doivent refuser de financer l'exportation vers les pays pauvres des technologies dépassées ou dommageables pour l'environnement. Quant au secteur privé, ne servirait-il pas les intérêts de tous et les siens propres en mettant au point et en transférant vers le Sud des technologies propres ?

Et le Nord et le Sud pourraient également favoriser chez les gens l'émergence de nouveaux rapports susceptibles d'aligner les actions individuelles sur des objectifs communs. C'est là le côté humain du développement durable et c'est en même temps une façon de constituer le " capital social " d'un pays.

Un autre rôle incombe à la législation internationale, celui d'amender la Convention de Basil sur le transport transfrontalier et l'élimination des déchets dangereux afin de rendre illégale l'exportation des matières dangereuses. Si les pays du Nord ne pouvaient plus décharger dans le Sud les torts qu'ils causent à l'environnement, ils seraient bien obligés de se débattre avec les effets de leur surconsommation sur l'environnement. Comprendraient-ils enfin que, pour offrir à chaque habitant de la terre le style de vie d'un Vancouverois de la classe moyenne, il faudrait au moins les ressources de deux sinon de trois planètes Terre ?

Quant aux ONG, elles jouent un rôle décisif sur le plan international : promotion du développement durable, élévation du niveau de conscience, pression pour que le secteur privé soit plus responsable et qu'il modifie progressivement les traités internationaux. Le Forest Stewardship Council, par exemple, œuvre en faveur d'une gestion des forêts qui soit à la fois responsable sur le plan environnemental, socialement profitable et économiquement viable. Il travaille entre autres à ce que les sociétés forestières se donnent une marque de commerce et un système de certification.

Tandis que les pays du monde entier se réunissaient à Kyoto, au Japon, en décembre 1997, les organismes environnementaux du Canada - dont le Sierra Club du Canada, la David Suzuki Foundation, le Pembina Institute et le Climate Action Network - poursuivaient des campagnes de longue haleine dans le but d'amener le Canada et les autres pays à faire preuve de leadership et à établir des règlements limitant l'émission des gaz à effet de serre. Les compagnies d'assurance sont devenues des alliées. Les pertes colossales pressenties à cause du changement climatique les ont incitées à faire pression pour que soit adopté un traité international limitant les émissions de gaz à effet de serre.

Le Rural Advancement Foundation International exerce un lobby pour faire reconnaître mondialement les droits des fermiers et adopter un régime de propriété intellectuelle qui permette la juste compensation des autochtones pour l'exploitation commerciale de leur savoir.

Étant donné la pollution et l'épuisement à long terme des ressources, l'imposition de taxes plus élevées sur l'utilisation des ressources inciterait les secteurs agricole et manufacturier à les utiliser de manière moins intensive. L'ajout à ces taxes d'une aide adéquate facilitant la transition inciterait ces secteurs à adopter des méthodes de production à fort coefficient de main-d'œuvre et respectueuses de l' environnement, à se tourner vers les énergies renouvelables, à valoriser la diversification des cultures et à recourir aux connaissances des autochtones en agriculture biologique.

Finalement, l'on pourrait mettre l'économie au service des gens en remplaçant la notion de produit national brut (PNB) par celle d'indice du progrès authentique (IPA). À l'aune du PNB qui mesure la production nationale, le dollar qui sert à la fabrication des armes a la même valeur que le dollar dépensé en soins de santé.

L'IPA, par contre, permettrait d'évaluer les marques réelles laissées par l'économie sur la vie des gens, en soustrayant du revenu les effets négatifs de la croissance - coûts de la pollution, déplacements domicile-lieu de travail, guerre, accidents de la route, criminalité, épuisement des ressources non renouvelables, dommages à long terme causés à l'environnement.

Avec l'IPA, on calculerait aussi ce que la famille, la collectivité et le milieu naturel apportent à l'économie. L'ancien économiste de la Banque mondiale, Herman Daly, l'a fort bien dit : " La correction de cette tendance est le premier pas logique vers une politique de développement durable. "

Un tel indice du progrès authentique rendrait visible ce qui arrive réellement au poisson rouge et que nous ne voyons pas pour le moment. Mais, plus important encore, l'IPA nous rendrait davantage soucieux de nos semblables, de notre planète et de notre avenir.


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