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10. Favoriser la participation du public

Nous devons tous nous préoccuper de justice
Ursula Franklin, Every Tool Shapes the Task

Un événement extraordinaire s'est produit à la fin de 1997, lorsque la majorité des pays du monde sont venus à Ottawa signer le traité interdisant les mines antipersonnel, une arme qui tue environ 25 000 innocents chaque année et qui fait d'une multitude d'infirmes.

Que 121 pays aient accepté de mettre fin à cette démence est déjà remarquable en soi. Mais la manière dont ce traité a vu le jour rend hommage au pouvoir des citoyens et à leur capacité d'action.

Cela peut aussi servir d'inspiration pour la lutte contre la pauvreté dans le monde.

La campagne contre les mines antipersonnel, une initiative conjointe de Medico International of Germany et de Vietnam Veterans Foundation of America, a été reprise par des centaines d'autres groupes dont une coalition canadienne appelée Mines Action Canada. Ces groupes de citoyens ont réussi à faire bouger les gouvernements, et en 1997 le mouvement contre les mines antipersonnel s'est vu décerner le Prix Nobel de la paix.

Ce mouvement démasque l'absurdité du fatalisme selon lequel les individus ne peuvent rien faire pour changer les choses ou particulièrement sur le plan social. Il révèle au contraire ce que peuvent faire ensemble des gens qui sont convaincus et qui ont confiance dans leur capacité à changer une situation donnée.

Depuis 25 ans, les organisations bénévoles rejettent elles aussi ce fatalisme. Refusant de laisser les habituels courtiers du pouvoir (États-nations et milieux d'affaires) prendre à huis clos des décisions qui nous concernent tous, les organisations bénévoles - dont les ONG œuvrant dans le domaine international - sont devenues des acteurs déterminés.

Ainsi, les ONG ont joué un rôle décisif visont à faire cesser le commerce de l'ivoire et des baleines. Elles ont fait pression pour que les institutions financières internationales réévaluent les politiques d'ajustement structurel qui frappent les pauvres d'une manière démesurément négative. Elles ont de plus incité les transnationales à modifier la mise en marché irréfléchie du lait maternisé et autres produits pharmaceutiques dans les pays du Sud.

Acteurs de longue date dans la lutte mondiale contre l'apartheid, les ONG demeurent la base même du mouvement international des droits de la personne. Avec le temps, les ONG sont parvenues aussi à une vision du développement où les secteurs populaires prennent part aux décisions.

Ce genre d'intervention contribue grandement à la démocratisation des décisions à l'échelle internationale. Des " diplomates citoyens " liés à Oxfam ou à Women's Eyes on the World Bank s'investissent de plus en plus - par delà les campagnes d'opposition - dans la proposition d'une vision du développement.

Des organisations de femmes ont ainsi fait campagne pour que la Banque mondiale adhère à la Plate-forme d'action élaborée à la Quatrième conférence internationale sur les femmes, tenue à Beijing. Elles veulent que les femmes de la base soient associées à la définition des orientations de la Banque mondiale et que cette dernière investisse davantage en vue de faciliter l'accès des femmes à la santé, à l'éducation, à l'agriculture et au crédit.

Il reste beaucoup à faire : de puissants organismes, tels l'Organisation mondiale du commerce, résistent au changement et confinent l'expression des critiques aux comités consultatifs. Même si la Banque mondiale, en raison des pressions des organisations de femmes, a créé un groupe consultatif extérieur sur les rapports femmes-hommes, elle n'a encore rien amorcé pour s'attaquer vraiment aux problèmes des femmes.

Si la situation est décourageante elle n'a rien de surprenant. Le changement social exige beaucoup de temps et la concertation de tous les secteurs, sur tous les fronts. La participation des institutions gouvernementales est essentielle pour faciliter et encadrer les étapes et structures de démocratisation des sociétés. L'on compte sur le secteur privé pour promouvoir une croissance économique qui puisse être viable autant sur le plan écologique que social.

Et les organisations populaires doivent elles aussi être présentes, pour aider les gens à formuler et à négocier leur propre développement.

Les ONG ne sont pas les seules à montrer la voie du développement démocratique. La plupart ont une structure et des effectifs professionnels qui maîtrisent bien leur domaine et leur savoir sur le terrain. Historiquement, toutefois, ce sont les citoyennes et citoyens décidés à unir leurs forces quand leur propre vie est concernée qui lancent de grands mouvements politiques.

Ainsi, la conscience de l'oppression des femmes et de la détérioration de l'environnement, qui s'est développée telle une vague de fond, résulte de l'effort du mouvement des femmes et du mouvement écologique. Des gens de tous horizons unis par leurs préoccupations communes ont ainsi donné naissance à un climat politique tel qu'il n'a plus été possible d'éviter les enjeux dont ils soulignaient l'ampleur.

Les gouvernements et autres institutions se doivent désormais de tenir compte des questions soulevées par ces mouvements. Et les ONG les appuient de manière systématique ; ensemble ces mouvements incitent les gens d'affaires à être de plus en plus comptables envers le public.

Un problème aussi colossal et complexe que celui de la pauvreté dans le monde ne peut être solutionné que par l'engagement simultané de tous ces secteurs. Mais quelle que soit l'action entreprise, les citoyennes et citoyens doivent à tout prix y être associés de près. D'où la nécessité pour les Canadiens de redécouvrir le sens d'une citoyenneté active et responsable.

Bref, il revient à chacun et chacune de participer à la redéfinition de la dynamique politique.

La démocratie n'a rien d'automatique : les institutions démocratiques ne peuvent être plus efficaces ni plus démocratiques que les gens qui les dirigent. La réalité, c'est que les réformes sociales, politiques et économiques ne dureront pas, à moins que les citoyens ne s'engagent plus à fond dans le processus décisionnel.

Les citoyens peuvent changer les choses non seulement dans leur milieu et dans les sociétés autres que la leur mais aussi façonner leur avenir..

Les ONG peuvent donner aux citoyens un exemple de participation. La première fois qu'elles ont envisagé d'éliminer la pauvreté dans le monde, les ONG ont envoyé de l'argent pour qu'il serve à creuser des puits, à nourrir les enfants et à appuyer les mouvements sociaux. Aujourd'hui, ils ont compris la nécessité de travailler au changement social de façon démocratique, comme des partenaires.

Les ONG du Nord doivent établir des rapports équitables avec les groupes qu'ils appuient dans le Sud. Pour relever ce défi il emporte de déterminer ensemble comment et où investir les sommes, et de passer des structures de pouvoir hiérarchiques à des modes décisionnels égalitaires. Voilà comment les gens à la base auront véritablement le pouvoir d'orienter les changements vers une amélioration de leur qualité de vie.

Notre défi comme Canadiens, c'est de prendre au sérieux la citoyenneté.

Selon le président de la République tchèque, Vaclav Havel, de puissantes forces tentent délibérément de dévier l'attention des citoyens des questions sociales. Et la consommation est, de loin, le plus simple, le plus facile et le plus séduisant instrument de déviation. " En rivant toute l'attention de l'humain au plancher de ses intérêts primaires de consommateur, écrit Havel, l'on espère le rendre incapable d'apprécier désormais la vitesse à laquelle se dégrade sa réalité spirituelle, morale et politique. "

Par contre, quiconque connaît l'importance de son rôle dans l'édification de ce monde tient à tout prix à contribuer aux grandes orientations de la société. Se penchant avec leurs semblables sur tout ce qui les concerne, tous pèsent le pour et le contre des diverses actions possibles sur le plan politique.

Alors ils seront en position de poser des jugements réfléchis.

Prendre le contrôle, contribuer au changement social, éliminer la pauvreté dans le monde : voilà trois objectifs réalisables… qui ne se réaliseront pas avant que les gens les croient réalisables et avant qu'ils ne joignent leurs efforts pour les réaliser.


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