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Messages-clé sur le NPDA

Le Forum Afrique-Canada s’est réjoui de l’engagement des pays du G8, en juillet dernier, d’« établir un nouveau partenariat en vue de traiter des questions prioritaires pour l’Afrique ». Compte tenu de l’importance du cadre stratégique proposé à cette fin, le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NPDA), le FAC a mené un processus de consultation en Afrique et au Canada de manière à recueillir des données analytiques et des commentaires sur le document et l’initiative du G8.

Nous demandons que le Canada

  • appuie le débat au sein de la société civile et son intervention auprès des gouvernements africains concernant le NPDA;
  • réoriente une plus grande partie de l’APD vers les organisations de la société civile africaine en vue de renforcer l’imputabilité des gouvernements et la démocratisation;
  • légifère pour faire en sorte que les grandes sociétés canadiennes adhèrent aux normes environnementales, éthiques et sociales les plus élevées lorsqu’elles investissent à l’étranger;
  • s’emploie activement à l’annulation totale et inconditionnelle de la dette des pays africains les plus pauvres et délie l’allégement de la dette des conditions d’ajustement structurel;
  • fasse changer les règles du commerce international et le processus par lequel ces règles sont négociées afin de respecter les besoins de développement et les stratégies propres aux pays africains;
  • fixe un échéancier précis et exécutoire pour arriver au ratio de 0,7 p. 100 du PNB en matière d’aide internationale, délie l’APD, et consacre ces ressources à l’élimination de la pauvreté, en partenariat avec la société civile et les gouvernements;
  • contribue à démocratiser l’architecture financière internationale, en veillant à la transparence de ses opérations et au respect des droits de la personne;
  • allège les conditions liées au déboursement de l’APD pour permettre une véritable appropriation africaine de la gestion de l’aide et des budgets nationaux;
  • fasse rapport de ces interventions au public canadien par l’entremise du Parlement.

Le Forum Afrique-Canada (FAC) est un groupe de travail du Conseil canadien pour la coopération internationale (CCCI) dont les 43 membres, ONG et organisations syndicales et religieuses, travaillent en partenariat avec les organisations africaines. Ces organisations canadiennes et africaines partagent une longue tradition de discussions relatives aux questions politiques liées à la paix et au développement en Afrique.

Les organisations membres du FAC ont sondé l’opinion de leurs collègues et partenaires en Afrique, par écrit et lors de réunions et colloques tenus sur le continent et au Canada. Le processus a commencé par un examen préliminaire du NDPA au cours d’une réunion des membres en octobre 2001 et d’un colloque de deux jours qui s’est déroulé en février dernier. Lors des consultations, le FAC a aussi amorcé des discussions avec les représentants du gouvernement canadien qui participent directement à l’élaboration du Pan d’action du G8 pour l’Afrique en vue de la réunion de ce groupe à Kananaskis en juin prochain.

Le Forum Afrique-Canada reconnaît l’importance d’un cadre conceptuel en Afrique et dans le Nord. Le NPDA est préconisé par des chefs d’État africains et par les membres du G8 en tant qu’initiative africaine offrant des solutions africaines aux problèmes du continent. Par ailleurs, le NPDA , en tant que cadre stratégique et bloc politique, n’a fait l’objet d’aucun débat encore moins de l’assentiment de secteurs importants de la société dans les pays africains, y compris les hauts fonctionnaires, les médias, les universitaires et les organisations de la société civile.

À mesure que l’on connaît mieux l’initiative, le NPDA est récusé comme cadre stratégique visant à répondre aux besoins et aux aspirations de la majorité des Africains. Parmi les ressortissants du continent consultés, nombreux sont ceux qui affirment que la proposition n’a de nouveau que l’adhésion du Nord . Quant au programme politique pour le développement et l’amélioration des relations de l’Afrique avec le reste de la planète, plus d’une stratégie avancée par le NPDA a déjà été mise en œuvre et n’a fait qu’affaiblir les économies nationales, miner les réformes démocratiques et favoriser l’appauvrissement et l’insécurité de millions de gens.

Il ressort de cette évaluation, qu’il ne suffit de repasser les mêmes plats, cet exercice risquant de nuire aux objectifs même qui ont guidé les tenants du NPDA, en accentuant le processus d’appauvrissement et les relations d’inégalité.

Le Forum Afrique-Canada signale trois champs de préoccupation relatifs au NPDA :

Gouvernance et démocratisation

Les parrains du NPDA, en Afrique et dans les pays du G8, s’acharnent à désigner la question centrale de bonne gouvernance comme étant une nouvelle caractéristique de l’initiative, et le fondement de son succès. Cependant les stratégies présentées dans le document et lors de discussions publiques tenues depuis sa diffusion ne reposent pas sur les impératifs de gouvernement en tant qu’expression des aspirations et de la volonté des citoyens.

Le NPDA attribue aux seuls leaders de gouvernements la responsabilité d’un suivi régulier et de l’évaluation du progrès réalisé par les pays africains en vue de respecter leur engagement à l’égard de la bonne gouvernance et de la réforme sociale. Or, la réduction de la pauvreté est profondément ancrée dans les politiques de mobilisation des citoyens, particulièrement les pauvres et les sans pouvoir, lorsqu’ils négocient avec leurs gouvernements et les acteurs internationaux au sujet des politiques et des droits susceptibles d’améliorer tous les aspects de leur vie.

Aux préoccupations soulevées par l’absence d’un rôle vital du politique et du civique dans le processus de développement s’ajoute le projet à courte vue de démocratisation et de gouvernance. Dans la majorité des pays africains, l’espace politique est réduit et contesté. Pour que s’épanouisse la Démocratie, il importe de faire une place aux acteurs de la société civile et aux citoyens de manière à ce qu’ils exercent une surveillance sur leurs gouvernements et exigent qu’ils rendent compte des processus politiques qu’ils auront appuyés, ainsi que de la réalisation des objectifs de développement visant à combler les besoins et les aspirations des citoyens.

Le NPDA en tant que programme économique
Le document présente maintes stratégies de développement économique ayant déjà légué un héritage désastreux aux pauvres de l’Afrique. L’optimisme du NPDA repose sur la croyance que l’investissement étranger direct augmentera jusqu’à constituer la principale ressource du développement. Il y a là un risque étant donné que les mêmes mesures conçues et appliquées antérieurement pour attirer l’investissement n’ont pas donné les résultats escomptés puisque depuis lors l’investissement étranger direct est en chute libre. Il est aussi évident que ces mesures ont affaibli les économies nationales et les ont desservies lors de leur intégration dans l’économie mondiale.

La question de l’investissement en Afrique ne se situe pas uniquement au niveau des ressources investies, mais plus important encore, elle vise aussi leur capacité productive. Compte tenu de la « désindustrialisation » des économies africaines et du démantèlement des services publics essentiels provoqués par l’ajustement structurel. Une intégration plus poussée dans l’économie mondiale, obéissant aux régimes actuels du commerce et de l’investissement, ne favoriserait pas une croissance équitable et viable. Il est plus probable que le processus d’appauvrissement aille en s’accentuant.

Le NPDA en tant que partenariat mondial
Comme l’a observé l’un de nos collègues en Afrique, la logique du NPDA est la suivante : Nous, le leadership africain, nous engageons à faire tout ce que vous nous avez demandé jusqu’ici et vous autres, le monde industrialisé, vous nous attribuerez les fonds à cette fin. Une telle logique n’offre pas un point de départ assez solide pour redresser la situation catastrophique des pays africains dans l’ordre politique et économique mondial.

L’avènement d’un véritable partenariat en vue d’éliminer la pauvreté et de réparer les injustices requiert une réforme des politiques et des méthodes du Nord comme on l’exige de l’Afrique. Jusqu’à présent, les institutions internationales tels le FMI, la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du commerce n’ont pas montré qu’elles étaient prêtes à changer radicalement leurs orientations afin de promouvoir le développement humain viable en Afrique.

Ces institutions internationales continuent de renforcer les structures politiques et économiques qui laissent aux États africains peu de liberté pour s’attaquer à leurs propres problèmes de développement. Les économies africaines, conçues au départ pour soutenir l’industrialisation des puissances coloniales en exploitant les ressources, consentent peu de profit aux Africains.

Il est temps qu’un nouveau partenariat avec l’Afrique s’établisse, non pas sur la tutelle et les conditionnalités, mais sur la responsabilité partagée de mettre fin à la pauvreté et de promouvoir la paix et la justice dans le monde.

juin 2002

Molly Kane, co-présidente du FORUM AFRIQUE-CANADA et personnel du CCCI


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