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Relations économiques du Canada avec l’Afrique subsaharienne :

Tendances récentes

À titre d’hôte du Sommet du G8 qui se tiendra à Kananaskis, en Alberta, le Canada met de nouveau de l’avant la pauvreté et le développement en Afrique, menant au Plan d’action du G8 pour l’Afrique. Le Premier Ministre Jean Chrétien répond à l’appel pour Le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NPDA), qui a été établi par des dirigeants politiques africains durant la dernière année. Le NPDA cherche à éliminer la pauvreté en Afrique par « une nouvelle relation de partenariat entre l’Afrique et la communauté internationale, et en particulier les pays fortement industrialisés, afin de franchir l’abîme du développement qui s’est élargi au fil de siècles de relations inégales ». Le Canada a réagi par l’annonce d’un Fonds spécial de 500 millions de dollars pour l’Afrique qui sera affecté au Plan d’action du G8 ainsi qu’une initiative commerciale visant à accélérer l’accès en franchise vers le Canada pour les produits en provenance des pays les plus démunis de l’Afrique.

Afin de situer ces initiatives, cette note d’information retrace certains éléments du contexte de la coopération économique entre le Canada et l’Afrique subsaharienne durant les années 1990. Il met en lumière les politiques du Canada d’annulation de la dette, certaines tendances d’investissement étranger direct canadien et d’aide publique au développement (APD) canadienne, ainsi que le commerce entre le Canada et les pays africains au sud du Sahara.

1. Annulation de la dette
Le Canada a été parmi les premiers pays du G7 à se prononcer en faveur d’une annulation totale de la dette bilatérale pour les pays les plus pauvres et à rechercher un accord multilatéral afin d’annuler la dette. En février 2000, le Ministre des Finances, Paul Martin, a annoncé que le Canada annulerait entièrement la dette que les pays les plus pauvres ont contractée envers la Société pour l’expansion des exportations et envers la Commission canadienne du blé. L’Afrique subsaharienne totalise environ 1,5 milliards de dollars de la dette des pays en voie de développement envers le Canada, dont 1,1 milliards de dollars sont couverts par l’engagement d’annulation totale. La Côte d’Ivoire (250,9 millions de dollars) et le Cameroun (440,1 millions de dollars) figurent parmi les pays les plus importants couverts.

L’annulation de la dette canadienne est toutefois conditionnelle au respect par ces pays de toutes les conditions stipulées dans l’accord conclu dans le cadre de l’Initiative pour les pays pauvres très endettés (PPTE) avec le FMI et la Banque mondiale. Les ONG de l’Afrique et de par le monde ont démontré que plusieurs de ces conditions ont eu comme effet d’appauvrir davantage les pays africains. Bien que le Ministre Martin (sans grand appui des autres ministres des Finances du G7) ait fait appel à un assouplissement des conditions de l’accord envers les PPTE, le Canada n’a pas fléchi face aux politiques macro-économiques de libéralisation et de privatisation auxquelles les pays les plus pauvres doivent se soumettre en vue d’obtenir un allégement très limité de la dette.

2. Investissement étranger direct du Canada en Afrique
L’investissement étranger direct du Canada en Afrique forme un élément mineur de l’investissement du Canada dans les pays en développement et a atteint un sommet de 5 p. 100 des investissements totaux en 1996, mais représentait moins de 200 millions de dollars en 1998. Dans les années 1990, de jeunes sociétés minières canadiennes ont montré un intérêt sans cesse grandissant pour les ressources de l’Afrique subsaharienne. À la fin de l’année 1996, selon des recherches effectuées par la professeure Bonnie Campbell et des collègues à l’UQAM, plus de 170 sociétés minières canadiennes se trouvaient en Afrique et leurs coûts d’exploration sur le sol africain s’élevaient à plus de 16 % de l’ensemble des coûts d’exploration des sociétés minières canadiennes. Ces investissements ont souvent fait du tort : les ONG ont soulevé des inquiétudes sérieuses au sujet de questions liées aux droits de la personne et de l’impact négatif important de l’exploitation minière sur l’économie et l’environnement des collectivités locales et sur les pauvres vivant en milieu rural, ainsi que sur les questions reliées aux conflits et à la corruption.

Les secteurs d’intérêt se concentrent au Ghana, au Zimbabwe, en Tanzanie, en Afrique du Sud, au Burkina Faso, au Botswana et au Mali. Cet investissement dans le secteur minier a été facilité par des politiques de libéralisation mises de l’avant par la Banque mondiale et le FMI et parfois d’une manière directe par le programme d’aide du Canada. Depuis la fin des années 1990, au Zimbabwe, par exemple, l’ACDI a offert son appui à un système de titres miniers sur ordinateur utilisé au ministère des Mines, au mappage de l’environnement, à la formation technique et à des projets de loi sur les ressources minières.

3. Tendances des relations d’aide entre le Canada et l’Afrique subsaharienne
D’une manière générale l’aide a diminué durant les années 1990 et celle accordée par les 22 bailleurs de fonds officiels aux pays de l’Afrique subsaharienne a enregistré un score encore pire. Malgré tous les discours pompeux sur la réduction de la pauvreté, les donateurs n’ont pas donné priorité à cette région où la pauvreté s’est accentuée durant la dernière décennie. Le Bilan de l’aide 2002 (un rapport émis par un réseau d’ONG existant au niveau mondial) indique que l’aide consentie aux pays africains au sud du Sahara au cours de quatre dernières années a été inférieure au niveau jamais atteint depuis 1984.

Performance des donateurs sur l’aide accordée à l’Afrique

Comparaison entre l’année 1999 et l’année 1988-89 (en dollars de 1998) :

  • l’aide totale en provenance de toutes les sources pour les pays en voie de développement affiche une réduction de 4,3 p. 100 en 1999; mais
  • l’aide totale octroyée à l’Afrique subsaharienne par les 22 bailleurs de fonds officiels a diminué de 11,2 p. 100; et
  • l’aide totale allouée à l’Afrique subsaharienne par les donateurs du G7 a chuté de 18,8 p. 100!

Dans leur rapport sur les engagements d’aide pris par les bailleurs de fonds, les auteurs du Bilan de l’aide 2002 dépeignent les donateurs du Nord comme « jamais aussi riches, ni aussi impitoyables ».

La richesse par habitant dans les pays donateurs a doublé depuis 1961, pour se rapprocher de 30 000 $ en 2000, alors que leur aide par habitant est inférieure à son niveau d’il y a quarante ans.

  • Les donateurs du G7, qui aspirent à jouer un rôle prépondérant dans l’économie mondiale, consacrent à l’aide une part lamentable de leur richesse – 0,19 p. 100 de leur revenu national brut en 2000, tandis que les donateurs ne faisant pas partie du G7 ont donné 0,46 p. 100 de leur revenu national brut, comparé à l’objectif de 0,7 p. 100 fixé par l’ONU.

Aide canadienne à l’Afrique
Le Premier Ministre Jean Chrétien a annoncé à Monterrey que le Canada allait majorer son APD de 8 p. 100 chaque année. Bien qu’il s’agisse de bonnes nouvelles, le Canada a diminué son aide d’une manière draconienne depuis 1990, soit de 0,48 p. 100 du revenu national brut à 0,25 p. 100 aujourd’hui. Il faudra au moins six années d’augmentation à 8 p. 100 en aide canadienne pour atteindre au moins 0,35 p. 100, c’est-à-dire la moitié de l’objectif fixé par les Nations Unies.

Comment s’est classée l’aide accordée par le Canada aux pays de l’Afrique subsaharienne sur les dix dernières années?

Entre 1990 et 2000, l’APD canadienne à l’Afrique subsaharienne a régressé de 34,4 p. 100 (en dollars réels de 1999), tandis que l’APD canadienne globale a chuté de 31,2 p. 100. Les pays de l’Afrique subsaharienne n’ont pas été épargnés par les coupures de l’APD canadienne dans le milieu des années 1990 et ils n’ont pas passé en premier pour les faibles augmentations de l’APD canadienne depuis 1998.

En fait, sur un cumulatif de ces dix années, l’Afrique subsaharienne accuse une perte de plus de 1,6 milliards de dollars d’aide en provenance du Canada, si l’on présume que celle-ci avait été maintenue à son niveau atteint en 1990. Dans ce contexte, le Fonds spécial pour l’Afrique de 500 millions de dollars sur trois années annoncé dans le budget de décembre 2001 ne représente qu’une faible mesure pour rattraper ces pertes.

En 2000-2001, l’aide alimentaire d’urgence et l’assistance humanitaire internationale (AHI) ont représenté plus de 10 p. 100 des débours dispensés à l’Afrique subsaharienne. Mais les pays africains au sud du Sahara recevaient 43 p. 100 des déboursements mondiaux de l’AHI et 54 p. 100 de toutes les sorties de fonds en aide alimentaire allouées par pays, ce qui indique l’étendue des crises humanitaires dans la région.

La programmation pour l’Afrique subsaharienne couvre un nombre de secteurs, dont les secteurs sociaux et ceux orientés vers le commerce et les affaires, représentant chacun plus 40 p. 100 des déboursés, avec ceux encourus pour l’établissement d’un soutien institutionnalisé se chiffrant à environ 18 p. 100 (calculs effectués par le CCCI avec les données sur les dépenses encourues sur les projets de 1999-2000). Les ONG canadiennes et les institutions représentaient 32,8 p. 100 des déboursements bilatéraux de l’ACDI pour l’Afrique subsaharienne en 1999-2000.

L’ACDI implémentera de nouvelles approches pour les partenariats d’aide du Canada dans les pays de l’Afrique subsaharienne durant les deux prochaines années et se concentrera davantage sur la coordination des approches par les donateurs en rapport avec les stratégies à l’échelle du secteur en santé et en éducation (SWAps) selon les énoncés du Documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté conclus avec la Banque mondiale et le FMI. Présentement, il existe 12 approches sectorielles ou activités semblables qui ont été approuvées ou qui sont en voie de développement au niveau de l’agence en Afrique subsaharienne. Les ONG ont soulevé des inquiétudes sur les approches sectorielles qui feraient en sorte que l’ACDI serait presque exclusivement occupée à interagir avec les représentants des gouvernements. Ils semblent faire fi des contributions importantes à faire en matière d’égalité entre les sexes, d’éducation de base, de services de santé primaire et de l’agriculture à petite échelle au niveau des collectivités par la conclusion de partenariats avec la société civile dans ces secteurs, maintenus durant les années par les ONG canadiennes et un appui considérable de l’ACDI.

4. Commerce entre le Canada et l’Afrique subsaharienne
Bien que les États-Unis soient de loin le plus important partenaire commercial du Canada, ce dernier a connu une croissance considérable dans le commerce avec les pays en voie de développement pour lesquels les exportations ont augmenté de 3,4 p. 100 annuellement et les importations, de 15,7 p. 100, durant les 10 dernières années. Mais la croissance la plus forte est concentrée en Asie et dans les Amériques, où le Mexique et la Chine représentent 54 p. 100 des importations au Canada en provenance des pays en développement pour l’année 2000.

Le commerce entre le Canada et l’Afrique subsaharienne est marginal même en comparaison avec celui des autres pays en voie de développement. Il ne représente que 3,2 p. 100 des importations en provenance des pays en développement et 4,1 p. 100 des exportations du Canada vers celles-ci. Le pétrole brut et autres huiles minérales constituaient 46 p. 100 des importations en provenance d’Afrique en 1999 et les vêtements usagés occupent la première place des exportations du Canada vers beaucoup de pays africains.

L’initiative du gouvernement canadien visant à étendre l’accès en franchise et l’accès hors quota aux exportations des pays les moins avancés (PMA) est considérée d’un bon œil. Les pays africains composent la majorité des PMA et seraient les mieux placés pour en profiter. Mais la proposition n’apportera que très peu de retombées pour la réduction de la pauvreté en Afrique parce que l’impact majeur résultera en un accès accru pour les textiles et les vêtements, et la plupart des intérêts commerciaux pour ce secteur se trouvent en Asie méridionale et en Chine.

Les gains pour la lutte contre la pauvreté sont également influencés par les conditions pour l’emploi et l’investissement. Les importations de vêtements du Lesotho pour les grands magasins, par exemple, ont été remises en question par les ONG canadiennes à cause de préoccupations existant au sujet des droits des travailleurs dans les usines qui confectionnent ces vêtements. Le soutien aux droits de la femme et aux organisations de femmes est crucial étant donné la prédominance féminine qui existe dans beaucoup de ces secteurs d’exportations.

Les ONG canadiennes ont également fait remarquer que les mesures destinées à réduire les tarifs canadiens auront une incidence limitée sur la réduction de la pauvreté sans une action concertée par le Canada visant à réformer les règles commerciales actuelles et à démocratiser le processus d’établissement de ces règles. Les accords de commerce actuels doivent concéder plus de latitude aux pays en développement afin qu’ils de leur permettre de répondre à leurs besoins de développement en agriculture et en sécurité alimentaire ou en soins de la santé à coût abordable, par exemple.

mai 2002

Brian Tomlinson, Agent de programme, Orientation politique, CCCI


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