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CCIC members include approximately 100 Canadian non-profit organizations working, both in Canada and overseas, on the front lines of social justice, humanitarian aid, economic and democratic development.

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Plan Canada

Profil d'un membre september 2012

Nous accueillons avec plaisir ce mois-ci Rosemary McCarney, présidente –directrice générale de Plan Canada. Dans cette entrevue, Rosemary nous parle de la Journée de la fille qui se tiendra bientôt (11 oct.) ainsi que de la crise humanitaire au Sahel. Elle discute également de la façon dont PLAN s’est adapté à des réalités changeantes tout au long de ses 75 ans d’histoire et des partenariats avec le secteur privé.

Rosemary McCarney

CCIC: Pour mieux situer où en est Plan Canada aujourd’hui, décrivez-nous quelques-uns des plus grands succès et défis que vous avez connus au cours des dernières années.

Rosemary McCarney: Je suis heureuse d’occuper le poste de présidente et chef de la direction de Plan Canada depuis six ans. Ces dernières années, marquées par une croissance rapide et de grands changements dans l’entreprise, ont représenté un défi de tous les instants.

Le travail de notre organisme axé sur le développement des enfants et actif dans 68 pays est influencé par une foule de facteurs inter reliés et de plus en plus complexes. Nous avons dû nous adapter à des priorités changeantes; par exemple, l’expansion de notre programme en milieu urbain s’imposait, puisque de plus en plus d’habitants des pays du Sud désertent les communautés rurales, où Plan œuvre d’ordinaire, et s’établissent en ville pour des raisons d’emploi et de qualité de vie. En outre, les conséquences des changements climatiques se faisant de plus en plus sentir dans les communautés où Plan étend ses activités, nous avons dû renforcer considérablement notre capacité d’aide humanitaire et trouver comment répondre aux besoins des enfants en cas d’urgence. Nous avons aussi eu à chercher de nouveaux moyens de communiquer avec nos partisans et nos partenaires du développement; les efforts de Plan Canada pour mobiliser les mouvements sociaux en ligne ont d’ailleurs été des plus fructueux.

Le phénomène des pays en voie de développement à croissance rapide, où extrême richesse et extrême pauvreté coexistent, constitue l’un des défis qui nous attendent. Nous devons aussi veiller à ce que nos systèmes financiers et technologiques soient assez solides pour prendre en charge des millions de transactions financières, petites comme grosses, et à ce que nos mesures de protection soient assez rigoureuses pour décourager les prédateurs en ligne dans ce monde de plus en plus branché. Tous ces grands changements, qui exigent souplesse et capacité d’adaptation, ont poussé Plan à accroître son efficacité et sa vivacité. J’ai hâte de voir comment nous continuerons d’évoluer en vue de nous assurer que tous les enfants bénéficient des droits et des possibilités qu’ils méritent.


CCIC: Y a-t-il une expérience sur le terrain qui témoigne du travail de Plan Canada aujourd’hui et dont vous êtes particulièrement fière?

Rosemary McCarney: Je reviens d’un voyage au Burkina Faso, où j’ai vu par moi-même le travail accompli par Plan pour venir en aide aux personnes touchées par la crise alimentaire et la crise des réfugiés. Le Burkina Faso est l’un des pays d’Afrique de l’Ouest qui connaît depuis plusieurs mois une importante crise alimentaire, attribuable aux sécheresses, à la perte de récoltes et à la hausse du prix des aliments qui prend à la gorge les familles. Ajoutons à cela l’arrivée massive et soutenue de réfugiés venus du Mali pour fuir la violence et le conflit politique qui fait rage dans ce pays limitrophe.

La malnutrition fait évidemment partie des enjeux de taille dans les camps de réfugiés maliens, mais j’ai aussi rencontré des parents qui souhaitaient plus que tout voir leurs enfants recevoir une éducation, même s’il fallait aménager une école dans une tente de fortune ou, justement, dans un camp de réfugiés. Ces parents ont parcouru des centaines de kilomètres pour éviter que leurs enfants soient enrôlés et fuir la violence arbitraire dont les principales victimes étaient les civils en zone de conflit. Ils veulent s’assurer que le voyage valait tous les risques encourus en offrant à leurs enfants un avenir plus prometteur. Dans une école pour enfants de réfugiés maliens financée par Plan, plus d’une fois des jeunes m’ont dit, avec sérénité mais insistance, qu’ils souhaitaient la paix.

Je suis fière de l’appui démontré par les Canadiens envers les habitants de la région du Sahel durant la crise et leur suis reconnaissante d’avoir choisi de faire confiance à Plan Canada. Me réjouit plus que tout le fait que Plan continue de placer les besoins des enfants au cœur de ses priorités, tout en offrant eau potable, nourriture, éducation temporaire et autres ressources pour aider les gens à s’en sortir.


CCIC: Quel avenir prédisez-vous à votre organisme?

Rosemary McCarney: Cette année, Plan célébrait son 75e anniversaire partout dans le monde. Peu d’organisations, tous secteurs confondus, peuvent se vanter d’avoir connu une croissance continue pendant plus de trois quarts de siècle. La collaboration internationale, l’accent sur le développement à long terme et l’autonomie des communautés, ainsi que la priorité accordée aux enfants et à ce qu’ils ont à dire : voilà les grands principes de Plan depuis plus de 75 ans. Leur mise en pratique s’est toutefois grandement modifiée au rythme de l’évolution du monde et de nos apprentissages en matière de développement communautaire.

Nous sommes fiers que de plus en plus de Canadiens choisissent Plan comme intermédiaire de leur appui à la lutte contre la pauvreté mondiale et à la justice sociale. Cette confiance nous a permis de renforcer et d’étendre notre travail sur le terrain en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Nous avons multiplié nos efforts pour améliorer la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants, aider les pays à faible revenu à rendre l’éducation primaire accessible à tous et fournir un appui aux jeunes sous forme de programmes d’épargnes et de prêts ainsi que de formation financière.

Les relations que nous entretenons avec nos donateurs ont elles aussi évolué. Par exemple, Coups de cœur, notre programme prisé, offre maintenant aux Canadiens plus d’options pour contribuer à la réduction de la pauvreté dans le monde. Notre programme de parrainage d’enfants continue de plaire à tant de nos généreux partisans, mais nous invitons aussi les familles, les entreprises, les amis et les voisins à se mobiliser pour faire un don à un projet communautaire, comme la construction d’une école ou d’un centre de santé, le creusement d’un puits ou le financement d’initiatives agricoles. Qui plus est, nous prenons contact avec les jeunes différemment : les médias sociaux nous permettent de faire appel à eux dans des dossiers sociaux et de les pousser à nous mettre au défi. Je me fais une joie de continuer de vivre cette croissance et cette redéfinition de notre approche, car elles assureront aux Canadiens qu’ils peuvent toujours passer par Plan Canada pour aider les enfants des pays du Sud et nous permettront d’intervenir activement dans les dossiers entourant les politiques et la défense des droits de ces enfants.


CCIC: Le 11 octobre 2012, l’ONU célébrera la première Journée internationale des filles. Plan international a joué un rôle de premier plan dans sa concrétisation. Expliquez-nous pourquoi vous teniez tant à cette journée.

Rosemary McCarney: Plan Canada a mené de front le projet d’une journée des filles dans le cadre de l’initiative Parce que je suis une fille, un mouvement mondial visant à mettre fin aux inégalités fondées sur le genre, à promouvoir les droits des filles et à sortir des millions d’entre elles – et leur famille – de la pauvreté.

Par la création d’une journée en l’honneur des filles, les Nations Unies mettent leur prestige et leur influence au service des efforts déployés dans le monde pour faire reconnaître les droits des filles et révéler au grand jour les domaines où ces droits sont couramment bafoués. Cette journée fera la promotion de la défense des filles et des investissements dans cette cause comme de puissants moyens d’aider des familles, des communautés et des nations entières à briser le cercle de la pauvreté. Des filles de partout dans le monde nous ont confié qu’au-delà de la symbolique qui l’entourait, cette journée leur permettrait de faire en sorte que les promesses qui leur sont faites, autant au pays, à la maison et à l’école, soient honorées.

Cela dit, si la Journée internationale des filles attirera l’attention sur le caractère fondamental des droits des filles, nous avons encore du pain sur la planche. L’initiative Parce que je suis une fille, qui sera lancée à l’échelle mondiale le 11 octobre, aidera les filles à surmonter les obstacles à une transition réussie du primaire au secondaire. Au prochain stade de l’initiative, Plan s’intéressera plus particulièrement à l’un de ces grands obstacles : la violence fondée sur le sexe en milieu scolaire. Notre rapport soulignera les grands principes devant sous-tendre une politique efficace à ce chapitre et présentera des recommandations à l’intention du gouvernement du Canada et des partenaires canadiens combattant la violence faite aux femmes et aux filles. Plan continuera de veiller à ce que les filles – et tous les enfants – bénéficient d’une éducation, de soins, d’eau potable et de protection, autant de droits dont elles devraient disposer.

 

CCIC: Plan a pris part à un débat public portant sur la valeur des partenariats avec le secteur minier et l’ACDI dans le cadre du financement de projets de développement communautaire. Pourriez vous nous dire où en est ce débat selon vous, et quel rôle le CCCI pourrait y jouer?

Rosemary McCarney:Comme je l’ai mentionné plus tôt, Plan célébrait son 75e anniversaire cette année. Au nombre des changements observés au fil du temps, je relève surtout l’importance qu’accorde désormais la communauté internationale aux partenariats multisectoriels pour résoudre les problèmes de développement.

Dans le sempiternel débat sur le rôle que devrait jouer le secteur privé dans le développement, deux constats se dégagent. Le premier : qu’on le veuille ou non, les entreprises privées font partie intégrante de la stratégie de planification du gouvernement national pour l’atteinte d’objectifs de développement à long terme. Le second : les nouveaux modèles de partenariat entre le secteur public, le secteur privé et les organismes à but non lucratif doivent être éprouvés si nous voulons réaliser des objectifs plus ambitieux dans l’ère post-2015.

Plan Canada met à l’essai une approche qui, nous l’espérons, permettra de dégager les aspects pratiques à considérer pour répondre aux exigences d’un programme de développement de plus en plus ambitieux. Nous estimons que les organisations non gouvernementales (ONG) et le secteur privé jouent un rôle différent mais non moins important pour s’assurer que les investissements massifs des entreprises canadiennes donnent lieu à un modèle de développement profitable à tous. Nous voulons que nos partenariats intersectoriels entraînent des investissements dans des programmes bien conçus et gérés de façon responsable qui cadrent avec les plans nationaux en matière de pauvreté et qui favorisent la création d’emplois, la réduction de la pauvreté et la croissance économique à long terme. En mettant l’accent sur les retombées sociales positives que la contribution de l’industrie pourrait avoir dans un pays en voie de développement comme le Burkina Faso, nous voulons que tous travaillent main dans la main pour combattre la pauvreté, promouvoir et faire respecter les droits de la personne, et offrir des occasions d’éducation, de formation professionnelle et d’emploi aux jeunes et à leur famille.

Un débat animé oppose les partisans et les détracteurs des partenariats avec l’industrie extractive en matière de développement international. Selon nous, cette divergence de points de vue est tout à fait profitable aux ONG et à l’industrie minière, puisqu’elle permet à la communauté d’analyser les pratiques moins efficaces, de promouvoir les droits de la personne et la gouvernance responsable, et d’intervenir quand l’occasion se présente. Le CCCI joue un rôle de médiateur dans ce dialogue entre les ONG canadiennes. Il nous aidera à trouver des approches communes, des objectifs partagés et des moyens de cheminer côte à côte. Comme les partenariats entre les ONG et le secteur privé n’en sont encore qu’à leurs balbutiements au Canada, nous devons donner aux ONG le temps de voir ce qui fonctionne ou non pour elles, pour ensuite mettre en commun les pratiques fructueuses et évaluer ces nouveaux modèles et outils de développement durable. La communauté des ONG a toujours été animée d’une soif d’apprendre. Elle fera des erreurs, en tirera des leçons, s’adaptera. Discutons-en dans un environnement respectueux et enrichissant une fois que nous aurons acquis une solide expérience et que nous pourrons nous appuyer sur des études de cas. Le CCCI a toujours un important rôle de médiateur à jouer dans ces dossiers où rien n’est tout blanc ou tout noir chez ses membres.

 


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