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Profil d'un membre, avril 2014

Initiative

Collaboration Santé Internationale

 

MFMC

La directrice de CSI Pierrette Defoy-Dolbec visite un centre de santé communautaire au Guatémala.

Ce mois-ci le CCCI s’est entretenu avec Pierrette Defoy-Dolbec, directrice générale de Collaboration Santé Internationale (CSI), située dans la ville de Québec, afin d’en apprendre davantage sur cette ONG unique en son genre, qui livre de l’équipement médical et des médicaments dans les pays en développement. Mme Defoy-Dolbec a parlé avec passion des différents partenariats qui permettent au CSI de mener à bien sa mission, ainsi que du rôle primordial des bénévoles…entre autres choses!

 

CCCI - Depuis plus de 40 ans, CSI fait parvenir des médicaments, des équipements, des fournitures médicales et du matériel scolaire dans les pays en développement, à travers son réseau de distribution présent sur 4 continents. Qui sont les principaux partenaires qui vous permettent de mener à bien votre mission ?

Pierrette Defoy-Dolbec Collaboration Santé Internationale compte 46 années d’opération principalement en Afrique, en Amérique Latine et dans les Antilles. Ces années ont permis à CSI de développer  une  expertise et des connaissances qui contribuent à bien sélectionner ses partenaires sur le terrain selon des critères basés sur l’expérience, le sérieux, la crédibilité et leur capacité à poursuivre leur mission dans le temps. Le processus de sélection est très important et assure le succès du projet car nous travaillons toujours avec un objectif de développement durable dans le cadre de projets dans les secteurs de la santé et de l’éducation. CSI a d’abord été fondé pour appuyer les missionnaires dans leurs projets de développement, par la suite, les ONG, associations et autres regroupements ont aussi pu bénéficier de notre aide.

Nos partenaires sont nombreux, en voici quelques exemples : les Amis de la St-Camille et l’Association St-Camille-de-Lellis (Bénin), Cassira (Guatémala), Entraide Sans Frontières (Madagascar), FODES (Haïti), le CHU Aristide le Dantec (Sénégal), l’École de la Sagesse (Sénégal), les étudiants en soins infirmiers et médecine de l’Université Laval et l’Université McGill, plusieurs CEGEP du Québec qui offrent des formations en santé et encadrent des stages en soins de santé dans les pays en développement. Il faut dire que CSI a su s’adapter au temps sans changer ses valeurs et sa mission. Les 46 années d’opération permettent de conclure que le créneau unique dans lequel nous travaillons, répond à des besoins essentiels.

 

CCCI - Pouvez-vous nous donner un exemple du type de matériel qui se retrouve dans vos conteneurs, et de comment il est acheminé et redistribué?

Pierrette Defoy-Dolbec – LIl s’agit de toute une chaîne! Quand on y réfléchit c’est très intéressant et beaucoup plus complexe que ça ne puisse paraître. Je ne saurais répondre à cette question sans d’abord parler  d’une activité majeure qui est au cœur de CSI : la récupération et la cueillette du matériel à travers toute la province de Québec, allant même en Ontario et au Nouveau-Brunswick. Cette activité nourrit Collaboration Santé Internationale en équipements, fournitures et mobiliers destinés à être expédiés par conteneurs. Nous avons deux équipes mobiles chacune composée d’un chauffeur qualifié et d’un manutentionnaire. Nous faisons en moyenne 900 cueillettes annuelles ce qui correspond à 140 déplacements par année. Nous récupérons du secteur public, privé et de particuliers. Nous assumons entièrement les coûts liés à l’exécution de cette activité mais souhaiterions dorénavant demander une contribution (un don) à nos donateurs afin de nous aider à financer une partie des frais liées à cette activité (cueillette).

Le matériel récupéré se catégorise en matériel hautement spécialisé (médical, dentaire, ophtalmologique…), matériel scolaire (tableaux, chaises, pupitres, étagères…) et ce que nous appelons « matériel complémentaire » (draps, couvertures, produits d’hygiène, outils, bicyclettes, couches, tissus, machines à coudre...). Remplir un conteneur de 40 pieds signifie 2 600 pieds cubes de matériel!

Nous récupérons  incubateurs, balances pour enfants et adultes, des appareils d’anesthésie, tables d’opérations, lits d’hôpitaux, béquilles, chaises roulantes. En allant sur notre site Internet au www.csiquebec.org sous l’onglet documentation nous avons notre tout dernier bulletin paru au mois d’avril. À la page 17 il est possible de voir des exemples plus détaillés.

J’aimerais ajouter que chaque année, CSI achète pour 100000 $ de médicaments auprès de la Fondation IDA aux Pays-Bas, plus grand fournisseur à but non lucratif de produits pharmaceutiques et de fournitures médicales. Ces médicaments font partie des programmes de soutien en soins de santé et sont expédiés à nos partenaires.

Le partenaire qui sollicite notre soutien doit faire état de ses besoins en nature et en quantité. Il aura la responsabilité de dédouaner le conteneur au port d’arrivée et d’acheminer son contenu jusqu’à destination finale. C’est aussi lui qui aura la responsabilité de faire la distribution. Suivant la destination finale, on peut compter de 2 à 3 mois de transport, incluant l’opération de dédouanement qui relève de la responsabilité de notre partenaire dans le pays de destination. Par exemple, pour acheminer un conteneur à Neisu en République Démocratique du Congo,  il faut d’abord depuis Montréal se rendre au  port de Mombassa au Kenya, puis  par route jusqu’à Béni à la frontière de l’Ouganda, pour atteindre Neisu après 600 km de route en très mauvais état ce qui prend 3 semaines.

Pendant tout ce temps CSI fait les suivis et maintient une bonne communication avec tous les intermédiaires et le partenaire.

CCCI - Comment situez-vous votre action dans le cadre du développement durable? Quel est le rôle de CSI dans la formation des ressources humaines locales?

Pierrette Defoy-Dolbec – CSI, à titre d’organisme à but non lucratif, remplit un rôle qui est unique au Québec (CSI est le seul organisme accrédité par le ministère de la Santé du Québec, depuis 1996, habilité à recevoir les équipements et le matériel médical en surplus dans le Réseau de la santé québécois à des fins d’aide humanitaire internationale) et possiblement au Canada. Ceci m’amène à dire que le créneau dans lequel nous opérons peut se résumer par « donner accès aux professionnels de la santé à des ressources nécessaires pour mieux accomplir leur travail dans les pays en développement et en faire bénéficier les populations vulnérables ».

CSI n’est pas un organisme d’offre de services  mais il répond à des demandes de ses partenaires pour l’installation des équipements et la mise à jour des connaissances de leur personnel. Le partenaire qui demande notre appui doit déterminer les besoins à combler. Cette approche à mon point de vue responsabilise le demandeur d’aide, lui donne une voix et une crédibilité. Il est partie prenante au projet. On reconnait son expertise. C’est un partenaire égal, l’homologue de CSI. Cette relation nourrit le caractère durable du projet.

Il arrive que CSI participe à la formation des ressources humaines. Par exemple, dans le cadre d’un projet à Yurimaga au Pérou, un ingénieur bio-médical du Québec s’est rendu sur place, a  procédé à l’installation des équipements avec les techniciens de l’hôpital  et  a élaboré avec eux un manuel des procédures d’entretien à suivre.

CCCI - Collaboration Santé Internationale compte sur l’appui de nombreux bénévoles pour atteindre ses objectifs; quel est leur rôle au sein de l’organisation et comment les recrutez-vous?

Pierrette Defoy-Dolbec Depuis sa création, CSI compte sur l’action bénévole. Chaque année plus de 40 bénévoles (pour une équipe permanente de 10 personnes) s’impliquent et s’investissent dans les différents secteurs d’opérations de l’organisme : la pharmacie, les fournitures médicales, la couture, l’entrepôt, la récupération, la remise en état et le contrôle de qualité de ce qui est récupéré, le recyclage de métaux provenant de ce qui ne peut être réutilisé, et l’administration. Parmi les 40 bénévoles qui travaillent à CSI, l’organisme peut compter sur les compétences professionnelles de 5 pharmaciens, 1 médecin chirurgien, 3 infirmières, 1 représentant de compagnie pharmaceutique, 1 ingénieur responsable du bon fonctionnement des équipements et une grande variété d’autre compétence professionnelle.

Pour l’année 2012-2013 les heures de bénévolat totales sont de 13 659 heures réparties ainsi :

Jusqu’à maintenant CSI n’a pas eu à faire de demande publique pour recruter des bénévoles. Nous recevons plus de demandes que nous pouvons recruter grâce au bouche à oreille, aux gens qui connaissent l’organisme, les amis, les membres de familles et beaucoup de nos bénévoles sont engagés avec CSI depuis plusieurs années.

CCCI - Quelles sont les principales avancées que vous notez dans le domaine de la santé mondiale ces 25 dernières années? Et quels sont les plus grands défis qui restent à relever?

Pierrette Defoy-Dolbec – La santé fait partie des deux premières préoccupations des ménages dans les pays en développement. La santé vient juste après le besoin de se nourrir et juste avant celui de recevoir une éducation. La croissance de la population dans les pays en développement est un facteur influent sur l’évaluation des avancées dans le domaine de la santé comme la capacité à répondre aux besoins. Je dirais que l’avancée, à mon humble avis, est que les gens se préoccupent de leur santé peut-être plus maintenant qu’il y a 25 ans et que cette préoccupation a un effet positif sur l’intérêt à améliorer leurs connaissances sur l’alimentation (vaincre la malnutrition),  l’hygiène, l’accès à l’eau potable et l’importance de la vaccination pour les enfants. Pour ce qui est de l’avancée dans l’accès à des soins de qualité et à des offres de services diversifiées, il est difficile à quantifier parce que beaucoup d’éléments entrent en ligne de compte comme la situation politique, économique et sécuritaire dans un pays donné, mais certainement, des avancées ont été accomplies dans l’accès aux soins de santé particulièrement pour les femmes enceintes et les enfants. A titre d’exemple, la gestion d’un centre de santé dans un village à 50 km de Bamako par la Fondation Salimata Keita au Mali qui fait un travail remarquable en donnant l’accès à des soins de santé de qualité, particulièrement aux femmes et aux enfants grâce à un personnel médical compétent, à des installations bien équipées et à la disponibilité des médicaments nécessaires aux traitements prescrits. Un défi que je remarque est l’équilibre à atteindre entre donner accès à des soins de santé de qualité et des offres de services diversifiées aux plus démunis, à des coûts minimes ou symboliques tout en préservant et recrutant du personnel professionnel qualifié qui doit être rémunéré et de permettre au réseau de santé (structures publiques et opérées par des organismes locaux) d’être financé  ou autofinancé  pour durer dans le temps. L’acquisition d’équipement, de fournitures et de médicaments demeure difficile faute de disponibilité ou de ressources financières.

CCIC - Pourquoi est-ce important pour votre organisation d’être membre du CCCI?

Pierrette Defoy-Dolbec – Les organismes canadiens dont la vocation est l’aide internationale, font face à d’énormes défis. Les changements survenus au sein de l’ACDI amènent une période de transition exigeante pour CSI et probablement pour d’autres organismes. Toutes les causes sont bonnes ce qui rend le milieu très compétitif pour séduire les donateurs sans oublier que beaucoup de Canadiens et d’entreprises canadiennes sont généreux mais donnent pour soutenir des organismes venant en aide localement. Le CCCI donne une voix commune aux organismes partageant les mêmes valeurs, luttant contre la pauvreté et pour la justice sociale et soulève l’importance de l’aide internationale qui fait partie des valeurs canadiennes. Le CCCI pourrait avoir un effet de levier auprès du gouvernement canadien et peut-être même auprès des donateurs et des entreprises canadiennes.

 


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