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CCIC members include approximately 100 Canadian non-profit organizations working, both in Canada and overseas, on the front lines of social justice, humanitarian aid, economic and democratic development.

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Fondation Aga Khan Canada

 

MFMC

Un père et sa fille attendent l’arrivée du plus récent membre de la famille, dans la cour de la maternité de l’hôpital Faizabad à Badakhshan, Afghanistan.

Ce mois-ci, le CCCI a rencontré Khalil Shariff, directeur exécutif de la Fondation Aga Khan Canada, pour une discussion fort intéressante sur l’approche de l’organisation face au développement international et la réduction de la pauvreté, ainsi que sur son implication dans les initiatives liées à la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants… entre autres choses!

 

CCCI - La Fondation Aga Khan Canada fait partie du Réseau Aga Khan de développement; pouvez-vous nous en dire davantage sur la portée, le rôle et le mandat de ce réseau ?

Khalil Shariff Le Réseau Aga Khan de développement (AKDN) est un groupe international d’agences de développement avec des mandats individuels allant des secteurs de la santé et de l’éducation à l’architecture, le développement rural et la promotion des entreprises du secteur privé. Ensemble, les institutions et les programmes de l’AKDN visent un objectif commun : l’édification d’une société civile qui réponde aux défis liés aux changements sociaux, économiques et culturels; et l’amélioration de la qualité de vie des populations marginalisées et vivant en situation de pauvreté. La Fondation Aga Khan Canada (AKFC) est un organisme de bienfaisance canadien enregistré mis sur pied en 1980 et une agence de l’AKDN. Nous travaillons en Asie et en Afrique afin de trouver des solutions durables aux problèmes complexes de la pauvreté mondiale.

 

CCCI - Son Altesse l’Aga Khan 49e imam héréditaire (chef spirituel) des musulmans shiites ismailis, est le fondateur de l’AKDN. Pouvez-vous nous parler de son rôle au sein de l’organisation ?

Khalil Shariff – Son Altesse l’Aga Khan est le président de l’AKDN. Dans la tradition éthique de l’Islam, non seulement les leaders religieux doivent-ils se faire les interprètes de la foi, mais ils ont également la responsabilité de contribuer à l’amélioration de la qualité de vie au sein de la communauté et des sociétés dans lesquelles ils vivent. Pour l’Aga Khan, cela s’est traduit par un profond engagement envers le développement  depuis plus de 50 ans. S’appuyant sur des institutions mises sur pied par son grand-père, l’Aga Khan a créé les agences de l’AKDN pour réaliser la conscience sociale de l’Islam à travers l’action institutionnelle. Même si l’Aga Khan remplit un rôle religieux primordial pour les musulmans shiites ismailis à travers le monde, le pluralisme est un des piliers du cadre éthique de l’Islam. L’AKDN et ses agences membres – incluant l’AKFC – sont non-confessionnelles. L’AKDN vise à améliorer les conditions de vie et les opportunités des pauvres sans égards à leurs croyances, origines ou genre. D’ailleurs, les employés de l’AKDN sont issues d’horizons divers tant sur le plan des origines que des croyances.

CCCI - Quelle est la vision du développement international et de la réduction de la pauvreté promue par l’AKFC ? Comment vos programmes contribuent-ils à cette vision ?

Khalil Shariff – Le développement durable est possible seulement lorsqu’on s’attaque à la pauvreté dans une perspective à long-terme et que les communautés prennent elles-mêmes en charge le processus.  Nous travaillons sur la base du principe que le changement durable dépend de partenariats avec une grande variété d’acteurs concernés – des individus aux communautés en passant par les entreprises, les gouvernements et les ONG locales et internationales. Nous travaillons en partenariat avec les Canadiens depuis plus de 30 ans et beaucoup de nos efforts ont été entrepris en coopération avec le gouvernement du Canada via le ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement, ainsi qu’avec d’autres donateurs institutionnels.

Le changement positif à long-terme est complexe et il n’y a pas de solution miracle. L’AKFC – tout comme le reste de l’AKDN – utilise une approche holistique du développement, élaborant des programmes qui répondent aux multiples facteurs interdépendants qui minent le développement dans une région donnée. Un aspect important consiste à mettre en place des institutions permanentes de haute qualité à différents niveaux – des conseils de gouvernance forts au sein des villages jusqu’aux universités régionales  de calibre international.

L’AKFC se concentre sur des défis spécifiques autour d’enjeux prioritaires que nous voyons comme les pierres angulaires du développement humain : la santé, l’éducation, le développement rural et la société civile. Dans le contexte plus large du travail de l’AKDN, cette approche a démontré que des progrès réalisés sur un enjeu permettent d’accélérer les progrès sur d’autres enjeux.

Par exemple, dans la province côtière de Cabo Delgado au Mozambique, l’AKFC travaille avec ses partenaires sur les enjeux de la sécurité alimentaire et des moyens de subsistance – mais l’initiative va au-delà d’une simple augmentation de la productivité et de l’accès aux marchés. Elle cible aussi les facteurs sous-jacents qui sont nécessaires afin de construire de solides fondations pour le développement dans la région, comme l’alphabétisation, la santé et la nutrition, la viabilité environnementale, l’accès au financement et la capacité des communautés et des organisations locales à prendre leurs propres initiatives.

Au Canada, l’AKFC  recueille des fonds, bâtit des partenariats avec des institutions canadiennes et encourage les discussions et l’acquisition de connaissances autour d’enjeux liés au développement international.

CCCI - La Fondation Aga Khan Canada est très impliquée dans les initiatives liées à la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants dans les pays en développement, ainsi que dans l’exploration de mécanismes novateurs de financement pour le développement. Pouvez-vous nous en dire davantage sur ces deux aspects de votre travail et nous dire pourquoi ils sont importants pour vous?

Khalil Shariff SL’amélioration de la santé – en particulier chez les femmes et les enfants – est un élément central de l’approche holistique de l’AKDN pour améliorer la qualité de vie. Selon les estimations des Nations Unies, en 2010, environ 800 femmes sont décédées chaque jour en raison de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement - 99% d’entre elles vivaient dans des pays en développement.

L’AKFC collabore à de nombreux projets visant à améliorer la santé des femmes et des enfants, que ce soit en favorisant l’accès à des soins de santé de première qualité en Afghanistan ou encore en aidant les familles en Tanzanie à faire de meilleur choix sur les plans de la nutrition, des installations sanitaires et de l’hygiène. La stratégie est simple : des mères en santé donnent naissance à des enfants en santé – et les enfants en santé grandissent pour devenir des membres forts et productifs au sein de leur communauté. L’AKFC est en mesure de mettre à profit toute les ressources de l’AKDN pour augmenter les chances d’obtenir des impacts durables, incluant les ressources de l’Université Aga Khan dans les domaines de la recherche, de l’éducation des sages-femmes, des infirmières et des médecins, ainsi que des soins tertiaires, les soins cliniques complets, la prestation de services et les capacités de gestion des Services de santé Aga Khan, sans oublier le travail de la Fondation Aga Khan dans le domaine de la santé communautaire dans les régions rurales éloignées. 

En 2013, l’AKFC a présenté certains des résultats de notre travail dans le cadre de notre série annuelle de séminaires universitaires à travers le pays, en collaboration cette année avec le Centre de recherches pour le développement international.  Un résumé de cette série de séminaires est disponible ici. L’AKFC est aussi membre du Réseau canadien sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants (SMNE), et elle a récemment complété une série de séminaires sur la santé maternelle et infantile dont vous trouverez un résumé ici.

Comme pour la SMNE, les modèles novateurs de financement – comme l’investissement à impact, les groupes d'épargne communautaires ou encore l’accès aux services financiers via le téléphone mobile -  ont été des éléments essentiels de l’empreinte globale de l’AKDN, bien avant l’intérêt actuel dominant pour cette approche. Notre expérience en Afrique et en Asie indique que les approches novatrices de financement peuvent avoir une influence positive significative sur la réduction de la pauvreté et l’augmentation des opportunités sociales, surtout pour les populations les plus pauvres.

En 2013, l’AKFC a organisé les séminaires sur le financement novateur pour le développement, une séried’événements présentant différentes stratégies pour financer le développement qui viennent compléter les initiatives traditionnelles des donateurs.  Un sommaire de cette série de séminaires est disponible ici.

CCCI - Sur la scène internationale et dans le contexte canadien, le secteur privé est de plus en plus perçu comme un acteur central du développement international. Sur la base de l’expérience de l’AKFC, comment et quand le secteur privé peut-il le mieux contribuer à la réduction de la pauvreté ?

Khalil Shariff – Lorsqu’on parle du secteur privé, il faut se rappeler que le terme désigne tout un éventail d’acteurs différents qui jouent chacun un rôle important dans le processus de développement : des grandes entreprises multinationales jusqu’à l’agriculteur-entrepreneur en milieu rural.

Les données de la Banque mondiale montrent qu’il y a une relation positive directe entre l’investissement privé dans un pays et le taux de croissance du PIB. Mais la croissance ne se traduit pas nécessairement par une réduction de la pauvreté et des progrès en matière de développement. Nous devons nous assurer que les pauvres participent à – et bénéficient de – cette croissance en reliant intentionnellement les pauvres à l’activité économique et à l’accès aux services. Le secteur privé doit s’assurer que les secteurs marginalisés (souvent des groupes comme les femmes, les communautés rurales ou encore les jeunes sous-scolarisés) soient ciblés de manière spécifique pour participer activement au système économique en tant que travailleurs, producteurs ou entrepreneurs.

Afin d’aligner les objectifs commerciaux du secteur privé avec les objectifs du développement, il faut rechercher des effets multiplicateurs : quelles activités économiques sont susceptibles de stimuler la croissance de nouvelles activités économiques? Par exemple, la construction de la centrale hydroélectrique de  Bujagali en Ouganda – une initiative du Fonds Aga Khan pour le développement économique -  a permis de doubler quasiment la capacité effective de production d’électricité du pays. Avant la construction du barrage, des pannes d’électricité régulières étaient responsables d’une perte de 1 % à 1,5 % du PIB de l’Ouganda, ralentissant le développement économique et social du pays. L’installation hydroélectrique de 250 mégawatts a permis de réduire la dépendance des Ougandais envers les génératrices polluantes qu’ils utilisaient auparavant pour alimenter leurs maisons et leurs entreprises.

CCI - Pour l’AKFC, quelle est la valeur associée au fait d’être membre du CCCI?

Khalil Shariff – L’AKFC partage la vision du CCCI selon laquelle l’amélioration de la qualité de vie est à la fois un impératif moral et une possibilité dans la pratique. Le CCCI assure une liaison avec la communauté de développement élargie au Canada, en tant que source d’information sur les enjeux et les tendances. La diversité des approches, des points de vue et des expériences parmi les acteurs canadiens du développement sont une source de vitalité et le CCCI offre un forum favorisant l’apprentissage mutuel et l’amélioration constante des meilleures pratiques afin  d’appuyer les efforts de développement des communautés vivant en situation de pauvreté.


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