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Profil d'un membre, février 2015


Amnistie internationale Canada

 

Alex Neve

Alex Neve, au camp de résistance de La Puya, au Guatemala, en septembre 2014. Amnistie internationale a travaillé à exposer et à lutter contre les violations des droits humains associées à l'industrie minière au Guatemala.

Ce mois-ci, le CCCI a rencontré Alex Neve, le secrétaire général d'Amnistie internationale Canada. Alex nous a parlé des raisons pour lesquelles il est essentiel, pour Amnistie internationale Canada, de faire progresser les droits des femmes; il nous a présenté leur nouvelle campagne contre la torture; et il a partagé la vision d'Amnistie quant au rôle de l'universalité dans la quête de la justice sociale et des droits humains... entre autres choses!

 

CCCI - Comme vous le savez, 2015 est une année marquante pour les droits des femmes et l'égalité entre les sexes avec le 20e anniversaire de la Déclaration et du Programme d'action de Beijing. Nous célébrerons également la Journée internationale des femmes le 8 mars. Quelle est l'importance, pour Amnistie internationale Canada, de prioriser et de faire progresser les droits des femmes?

Alex Neve Le travail visant à protéger les droits des femmes est une priorité centrale pour Amnistie internationale, au Canada et à travers le monde, depuis un grand nombre d'années.  C'est le reflet du fait scandaleux qu'à travers le monde plusieurs droits des femmes et des filles sont gravement et cavalièrement bafoués à une fréquence stupéfiante, dans une ampleur déconcertante et ce, chaque jour, en toute impunité.  Amnistie internationale a en fait accordé la priorité à ce travail au cours des dix dernières années en menant deux grandes campagnes à l'échelle mondiale : une campagne antérieure intitulée « Halte à la violence contre les femmes » et la campagne actuelle « Mon corps, mes droits », qui met l'accent sur le respect des droits sexuels et reproductifs. Parmi les nombreux moyens que nous prenons pour lutter pour les droits des femmes, un aspect important du travail pour nous est de faire tout en notre pouvoir pour assurer la sécurité des femmes défenseures des droits humains qui s'efforcent d'exposer, de faire campagne et de se mobiliser contre les violations des droits des femmes et des filles aux niveaux local, national et international. Les défenseures des droits humains font face à des défis et à des dangers dans le cadre de leur travail dans plusieurs pays à travers le monde.  Et les défis et les dangers pour les femmes et les filles défenseures des droits humains sont presque toujours plus grands.

Au Canada, Amnistie internationale a fait campagne sur la question de la violence et de la discrimination envers les femmes et les filles autochtones depuis la parution du rapport  « On a volé la vie de nos sœurs » en octobre 2004. Nous travaillons en étroite collaboration avec les familles des femmes et des filles autochtones assassinées ou disparues, avec les organisations de femmes autochtones et avec d'autres partenaires pour documenter et exposer la violence, et faire campagne pour y mettre un terme. Nous avons demandé haut et fort au gouvernement de mettre sur pied une enquête publique visant à terme le développement d'un plan d'action national détaillé pour lutter contre la violence faite aux femmes autochtones. Nous notons qu'à l'exception du gouvernement fédéral, l'appui à une telle enquête est quasiment unanime à tous les niveaux de gouvernement, tant chez les municipalités que les provinces, et chez nos plus proches alliés.  Nous demandons à ce que la prochaine Table ronde nationale sur la violence faite aux femmes autochtones débouche sur la réponse nationale concrète qui a été retardée depuis trop longtemps et qui est  aussi nécessaire qu'urgente.

 

CCCI - Amnistie internationale est reconnue mondialement pour ses campagnes. Pouvez-vous nous parler d'une campagne en particulier dans laquelle vous êtes impliqué et qui vous emballe tout particulièrement?

Alex Neve Nous sommes au milieu d'une vaste campagne mondiale contre la torture. Travailler pour mettre fin à la torture est au cœur de la mission d'Amnistie internationale depuis ses débuts dans les années soixante. Il s'agit d'une violation des droits humains qui est universellement décriée et largement considérée comme brutale et répugnante. Pourtant, elle continue d'être utilisée à une fréquence alarmante à travers le monde. Au cours des cinq dernières années, nous avons documenté des cas de torture dans 140 pays.  Nous avons remarqué que les cas de torture au Mexique, pour prendre un exemple près de chez nous, ont augmenté de 600 % entre 2003 et 2013. Nous savons que les lois, les politiques et les actions canadiennes ont mené à, ou peuvent faciliter la complicité dans, l'utilisation de la torture dans d'autres pays de multiples façons.  Et la durée et les taux ahurissants de cas d'isolement cellulaire dans les prisons canadiennes nous renvoient la réalité troublante de l'utilisation répandue de la torture et des mauvais traitements dans notre propre pays. Nous avons développé des campagnes concertées contre la torture dans le passé parce qu'il s'avérait urgent et nécessaire de le faire. Une vaste campagne menée au cours des années 1980, par exemple, a été un facteur important dans l'adoption de la Convention contre la torture. Il est temps une fois de plus d'utiliser toute la force d'une campagne mondiale pour lutter contre cette douloureuse crise des droits humains.

La campagne est à la fois urgente et emballante.  L'engouement vient du fait que nous avons délibérément mis l'accent sur des pays et des enjeux où la situation est urgente, mais où il y a également un véritable potentiel de changement.  Amnistie internationale Canada met l'accent sur le Mexique en raison des liens étroits entre nos pays. Et déjà nous commençons à voir des résultats. Les représentants mexicains utilisent de manière constructive les recommandations de réformes proposées par Amnistie internationale et des individus ayant été victimes de torture au Mexique voient justice être rendue.   Angel Colon, citoyen du Honduras, prisonnier de conscience et survivant de la torture a été emprisonné au Mexique pendant plus de cinq ans, sans procès.  Il a été relâché cinq semaines après qu'une délégation d'Amnistie, à laquelle j'ai participé, l'eut visité dans une prison à sécurité maximale au début de septembre 2014. Il n'y a aucun doute que la vaste campagne d'Amnistie a été un facteur important dans sa remise en liberté. La campagne produit des résultats. Nous ne nous arrêterons pas là : nous allons maintenant soutenir Angel Colon et demander justice pour la torture qu'il a subie.

Et nous portons aussi une attention au Canada. Inexplicablement, le Canada n'a toujours pas ratifié un important traité des Nations Unies sur la prévention de la torture, le Protocole facultatif à la Convention des Nations Unies contre la torture, plus de douze ans après son adoption. Le traité favorise la création d’équipes nationales et internationales d'inspection des prisons qui fouillent et qui enquêtent, à l'affût de conditions propices à la torture. Le Canada aurait dû signer ce traité il y a longtemps.  Cela améliorerait la surveillance de nos propres prisons mais, plus important encore, cela nous permettrait de faire pression sur les autres gouvernements qui ont signé le traité également.  Nous avons fait de la ratification du traité par le Canada un objectif prioritaire.  Nous sommes toujours à la recherche de nouvelles signatures pour notre pétition.

CCCI - 2015 marquera le début des Objectifs de développement durable (ODD). Un aspect important de ces objectifs sera leur nature universelle. Comment Amnistie internationale perçoit le rôle de l'universalité dans la poursuite de la justice sociale et des droits humains? Quel impact cela aura-t-il sur votre travail tant au Canada qu'au niveau international?

Alex Neve – Le caractère universel de la protection des droits humains est fondamental. C'est pourquoi, lorsque les gouvernements ont créé le premier instrument international d'importance sur les droits humains en 1948, ils savaient que celui-ci devait porter le titre de Déclaration universelle des droits de l'Homme.    L'universalité, cela signifie tous les droits, pour tout le monde, partout et de manière égale. C'est la base même qui sert à prévenir la sélectivité, la partialité et la discrimination qui autrement définissent de manière étroite qui sont ceux dont les droits sont protégés et respectés : seulement les riches, seulement les blancs, seulement ceux qui possèdent la citoyenneté. Amnistie internationale défend et insiste sur l'universalité dans tous les aspects de son travail sur les droits humains.
 
Cela signifie qu'ici au Canada, nous travaillons avec acharnement pour faire campagne en faveur de la protection des droits humains à travers le monde - en Colombie, en Syrie, au Sud-Soudan, au Sri Lanka et en Ukraine - et « à travers le monde » inclut bien évidemment le Canada.  Nous nous exprimons haut et fort sur une multitude de préoccupations liées aux droits humains au Canada, qu'il s'agisse des droits des peuples autochtones, des réfugiés et des migrants, de la sécurité nationale, de la liberté d'expression, de l'égalité entre les sexes ou encore de la reddition de compte des entreprises. Nous le faisons parce qu'il le faut. Lorsque les droits sont bafoués ou ne sont pas protéger adéquatement au Canada, l'universalité nous force à agir. Cela a aussi une importance internationale. Sur la scène mondiale, par le passé, le Canada était largement respecté et même admiré en tant que fervent défenseur des droits humains.  Cela voulait dire que le Canada était fort et crédible lorsque venait le temps de faire pression sur les autres gouvernements pour qu'ils améliorent leur performance à ce niveau. Mais alors que la performance du Canada elle-même a glissé et a été entachée au cours des dernières années, la portée de sa voix à l'international a diminué d'autant. Nous sommes déterminés à renverser la vapeur. Une solide protection des droits humains au Canada est bonne pour le Canada et aussi pour le reste du monde.

CCCI - Le site web d'Amnistie internationale comprend une section intitulée « bonnes nouvelles ». Pourquoi est-ce important? Pouvez-vous nous donner un exemple récent de « bonne nouvelle »?

Alex Neve Il y a plus qu'assez de mauvaises nouvelles lorsqu'on parle de droits humains. Chaque jour amène son lot d'histoires de conflits armés, de violence sexuelle, de discrimination, de torture, d'emprisonnement injustifié et d'aggravation de la pauvreté. Ces mauvaises nouvelles alimentent l'indignation et la détermination qui poussent les activistes pour les droits humains à travailler plus fort, avec encore plus d'imagination et une plus grande portée. Il y a toujours un risque, cependant, de vaciller et de perdre espoir devant tant d'histoires d'injustice. C'est pourquoi les bonnes nouvelles sont si importantes.  Les bonnes nouvelles nous rappellent  ce pourquoi nous luttons.  Les bonnes nouvelles nous montrent ce qui est réalisable et possible.  Les bonnes nouvelles nous inspirent et nous donnent l'énergie nécessaire pour continuer et aller plus loin.

 

CCCI - Amnistie internationale Canada est un membre important du CCCI. À votre avis, pourquoi est-ce important de faire partie de cette communauté et de participer à ce travail collectif?

Alex Neve Faire partie de CCCI nous permet de rejoindre une communauté regroupant un grand nombre d'organisations qui partagent nos objectifs de justice, de dignité et de protection des droits humains.  Cela nous permet aussi de travailler en solidarité et en partenariat avec l'équipe remarquable du CCCI. Au cours des dernières années, cela s'est traduit notamment par un travail collectif important au sein du Groupe d'orientation politique pour les Amériques et par le leadership que nos deux organisations ont démontré en mettant sur pied la coalition Voices-Voix pour répondre à la répression actuelle de la contestation et du plaidoyer au Canada.  Travailler aux côtés du CCCI a une valeur incommensurable parce que s'il y a bien une vérité qui s'applique à nos luttes, c'est celle-ci : nous sommes plus forts lorsque nous unissons nos voix.  Voilà ce qu'offre le CCCI.  Amnistie internationale apprécie et bénéficie de cette force collective et de ce partenariat dynamique tous les jours.

 


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