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Project Ploughshares

Action Canada pour la population et le développement

Profil d'un membre, mai-juin 2013

Project Ploughshares

Lancement SWOP 2011 (le directeur des affaires parlementaires de ACPD, Dina Epale, anime le lancement du Rapport 2011 sur l'état de la population mondiale de l'UNFPA)

Ce mois-ci, le CCCI a rencontré Sandeep Prasad, directeur général de l’Action Canada pour la population et le développement (ACPD). L’ACPD a été fondée en 1997 et s’emploie activement à défendre les droits de la personne en matière de santé, de sexualité et de reproduction. Lors de cette entrevue, M. Prasad nous a parlé de la participation de l’ACPD au Groupe de travail de haut niveau en vue de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD), du point de vue de son organisation sur le rapport du Groupe d’experts de haut niveau chargé du programme de développement pour l’après 2015, et de beaucoup plus.


CCCI – Selon votre énoncé de mission, l’ACPD a pour mission d’améliorer la qualité de vie des femmes, des hommes et des jeunes en faisant la promotion de politiques progressistes en matière de droits de la personne et de développement international et en ciblant principalement les droits reproductifs et sexuels ainsi que la santé. Parlez-nous de vos réalisations et de vos progrès depuis votre fondation en 1997.

Sandeep Prasad

Sandeep Prasad L’ACPD a joué un rôle de premier plan pour faire avancer l’égalité des sexes, les droits reproductifs et sexuels des adolescents, le droit à l’avortement, l’inscription de la mortalité et de la morbidité maternelles parmi les enjeux relatifs aux droits de la personne, l’éducation sexuelle complète et bien d’autres enjeux liés aux droits de la personne en matière de santé sexuelle et reproductive. L’ACPD travaille activement dans le Système des droits de la personne de l’ONU depuis 2002. Elle a notamment été la première ONG à réclamer de façon soutenue que le Conseil des droits de l’homme examine la question de la mortalité et de la morbidité maternelles, ce qui a conduit, en juin 2009, à une résolution sans précédent : « Mortalité et morbidité maternelles évitables et droits de l’homme », la première reconnaissance intergouvernementale de la mortalité et de la morbidité maternelles comme enjeux relevant des droits de la personne. L’ACPD a également mené des efforts de revendication pour faire intégrer les droits sexuels et reproductifs dans un certain nombre d’autres résolutions de l’ONU. Elle a entre autres fait en sorte qu’un engagement politique à cet égard fasse partie de résolutions portant notamment sur le VIH, le droit à la santé et la violence contre les femmes, les adolescents et les enfants. Pour y arriver, l’ACPD prend part à une action sociopolitique directe auprès de divers gouvernements afin de rallier l’appui nécessaire pour des propositions précises.

L’ACPD assure la coordination de Sexual Rights Initiative, une coalition de six organisations Sud-Nord qui travaille à l’avancement des droits de la personne concernant la sexualité et le genre par l’entremise du Conseil des droits de l’homme et de ses mécanismes.

L’ACPD s’est également imposée en tant qu’organisation respectée dans le domaine du renforcement des capacités des ONG et enseigne aux groupes de justice sociale à utiliser les mécanismes internationaux de protection des droits de la personne pour les aider dans leur travail de revendication. Pour ce faire, l’ACPD leur donne régulièrement des ateliers sur le fonctionnement de l’Examen périodique universel (EPU) afin de les aider à exploiter cet outil pour promouvoir leurs priorités nationales. L’ACPD alimente également le mouvement international de défense des droits de santé sexuelle et reproductive en favorisant les échanges, en mettant sur pied des coalitions et en s’occupant de listes de diffusion par courriel.

Au Canada, l’ACPD est le secrétariat d’un groupe formé exclusivement de parlementaires : l’Association canadienne des parlementaires pour la population et le développement (ACPPD). Par l’entremise de ce groupe, l’ACPD a sensibilisé des dizaines de députés et de sénateurs aux enjeux liés à la santé sexuelle et reproductive, aux droits de la personne et au développement. L’ACPD a aussi favorisé l’échange d’information à ce sujet entre les États grâce à la participation de députés et de sénateurs à des événements internationaux, dont des conférences parlementaires et des voyages d’études.

CCCI – Vous avez un conseil d’administration international. Expliquez en quoi cette diversité se reflète dans votre travail.

Sandeep Prasad –Le conseil d’administration international de l’ACPD joue un rôle essentiel pour soutenir et consolider son travail. Tous les membres de la direction de l’ACPD enrichissent son travail par leur vision et leurs talents uniques. Une telle diversité d’origines rehausse les positions et les approches de l’organisation tout en contribuant à renforcer ses partenariats régionaux, nationaux et internationaux. De façon concrète, grâce à son conseil d’administration international, l’ACPD a pu établir des partenariats solides avec des associations de parlementaires régionales et nationales qui travaillent sur des problèmes de population et de développement, ce qui a entre autres permis aux membres de l’ACPPD de mieux comprendre les enjeux liés à la santé et aux droits sexuels et reproductifs.

CCCI – L’ACPD est membre du Groupe de travail de haut niveau en vue de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD). Quel est l’objectif de ce groupe de travail et quel rôle y jouez-vous?

Sandeep Prasad – En tant que directeur général de l’ACPD, je suis devenu membre du Groupe de travail de haut niveau en vue de la CIPD en septembre 2012. Le Groupe a pour but de renforcer les appuis politiques pour la défense des droits touchant à la santé reproductive et sexuelle et d’assurer qu’on accorde une place de choix à ces enjeux dans le cadre de développement d’après 2015. Il revendique avant tout le respect et la protection des droits sexuels et reproductifs pour tous, l’accès universel à des renseignements de qualité sur la santé sexuelle et reproductive, à des services intégrés ainsi qu’à une éducation sexuelle complète pour tous les jeunes et l’élimination de la violence contre les femmes et les jeunes filles, ce qui implique un accès assuré aux services essentiels pour tous les survivants de violence fondée sur le sexe. 

Les recommandations du Groupe de travail visent à autonomiser les gens par une protection et un respect plus grands de leurs droits fondamentaux, particulièrement en ce qui a trait à leur intégrité physique et à leur capacité de prendre des décisions éclairées par rapport à leur sexualité et à leur reproduction ainsi qu’à leur santé sexuelle et reproductive. Les femmes, adolescents et personnes d’autres communautés marginalisées font partie des gens les moins aptes à exercer ces droits. En tant que membre du Groupe de travail de haut niveau en vue de la CPID, je m’efforce de canaliser les efforts sur les droits de la personne dans le nouveau cadre de développement, particulièrement en ce qui a trait à l’autonomisation des femmes et des jeunes.


CCCI – Comment l’ACPD réagit-elle au rapport du Groupe d’experts de haut niveau chargé du programme de développement pour l’après 2015, publié il y a quelques semaines?

Sandeep Prasad – L’ACPD accueille favorablement la publication de ce rapport. Nous constatons avec joie qu’il se concentre sur les groupes exclus ou marginalisés par une analyse plus profonde de leurs besoins et des éléments qui ont une incidence sur leur quotidien comme les facteurs socio-économiques, politiques, religieux, culturels, géographiques, etc. Nous sommes également heureux de l’accent mis sur les droits des femmes et des jeunes filles. De façon plus particulière, le rapport demande que l’égalité des sexes soit considérée comme un enjeu qui nécessite à la fois un objectif central et transversal. De plus, le rapport donne une place prioritaire à la santé et aux droits reproductifs et sexuels. Cet aspect est particulièrement important quand on songe que plus de 222 millions de femmes et de jeunes filles n’ont accès à aucun moyen de contraception moderne et ne sont pas assurées d’avoir le droit de choisir si elles veulent des enfants et quand elles les veulent, que 800 femmes meurent tous les jours de complications évitables liées à la grossesse et à l’accouchement en raison d’un manque d’accès à des soins de santé sexuelle et reproductive complets, ou que 2 400 jeunes sont infectés par le VIH quotidiennement.

Toutefois, nous sommes déçus que le rapport passe sous silence l’accès à l’avortement dans le cadre d’un ensemble de services de santé sexuelle et reproductive. Le refus de donner accès aux femmes et aux adolescentes à des services d’avortement sécuritaires, y compris par la décriminalisation de l’avortement dans les régions où il demeure illégal et l’abolition d’autres restrictions, constitue une atteinte aux droits en matière de reproduction, d’intégrité physique et de santé, pour ne nommer que ceux-là. Il est primordial que toutes les femmes puissent accéder à des services d’avortement sécuritaires, y compris les survivantes de violence sexuelle et de viol, non seulement pour éliminer les avortements réalisés dans de mauvaises conditions, importante cause de morbidité et de mortalité maternelles, mais aussi parce qu’il s’agit d’un enjeu lié aux droits de la personne. Dans le même ordre d’idées, le rapport ne fait pas explicitement état de l’accès des adolescents à une éducation sexuelle complète, un excellent moyen de réduire la honte, la discrimination et la violence en bousculant les normes et stéréotypes sexuels et en faisant la promotion de valeurs d’égalité, d’ouverture et de respect des droits de la personne. Ce type d’éducation donne aux jeunes des connaissances qui peuvent les aider à prévenir les grossesses non désirées et les infections transmissibles sexuellement et qui les habilitent à planifier leur avenir de façon éclairée.

CCCI – En 2013, quels défis nous attendent en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs, tant ici qu’à l’étranger?


Sandeep Prasad – Nous sommes à un tournant de l’histoire, ici comme ailleurs. Sur la scène internationale, il reste un peu plus d’un an avant la fin du processus d’évaluation continue du Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement (PA-CIPD) de 1994. Grâce à ce processus, les organisations de la société civile jouent un rôle de premier plan pour définir les nouveaux enjeux en matière de population et de développement. Dans ce contexte, les OSC demandent à leurs gouvernements d’aller au-delà des engagements pris en 1994 et de garantir le respect et la protection des droits sexuels pour tous, y compris les adolescents, les travailleurs du sexe et les membres de la communauté GBLTI, d’éliminer les préjugés, la discrimination et la violence, de respecter et de protéger l’intégrité physique des jeunes et de veiller à ce que les femmes et les adolescentes aient accès à des services d’avortement sécuritaires. Toutes ces conditions sont essentielles pour assurer le respect du droit au meilleur état de santé susceptible d’être atteint, qui favorise le bien-être et le développement durable. Outre l’évaluation du PA-CIPD, soulignons aussi celle des OMD et du Groupe de travail ouvert sur les objectifs du développement durable. Ces trois processus mèneront à l’élaboration d’une stratégie qui encadrera le secteur du développement international dans un avenir rapproché. En résumé, l’année 2013 donnera beaucoup d’occasions aux OSC d’attirer l’attention sur ces nouveaux enjeux afin qu’ils fassent partie du cadre de développement d’après 2015.

Au Canada, nous avons des raisons légitimes d’être inquiets par rapport au rôle de notre pays dans ces processus. Il y a peu de temps, lors de la 23e séance du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, le gouvernement canadien a adopté une approche rétrograde dans le cadre d’une résolution, dont il présidait les négociations, sur la violence sexuelle à l’endroit des femmes. En refusant de reconnaître la validité d’une liste de services essentiels aux victimes de violence sexuelle, notre gouvernement s’est activement opposé à l’inclusion de nombreuses recommandations importantes qui auraient permis de répondre efficacement aux problèmes de la violence sexuelle et du respect des droits des survivants de violence sexuelle. Cette approche représente une atteinte grave aux droits des femmes ainsi qu’à la santé et au bien-être de celles qui ont survécu à des actes de violence sexuelle. Elle rappelle le refus du gouvernement de financer des services d’avortement sécuritaires, même là où la loi l’autorise, dans le cadre de l’aide internationale canadienne offerte grâce à l’initiative de Muskoka. Ces deux exemples soulignent la nécessité pour les OSC et la population canadiennes d’exiger du gouvernement qu’il mette en œuvre ses engagements de développement international et ses obligations en matière de droits de la personne non seulement ici, mais également sur la scène internationale en offrant de l’aide publique au développement et en formulant des ententes internationales qui ont une incidence directe sur les lois, les politiques et les programmes nationaux.

CCCI – Vous avez récemment été élu au conseil d’administration du CCCI. Comment vous distinguez-vous et quels sont vos objectifs?

Sandeep Prasad – En tant que directeur général de l’ACPD, je suis très honoré de gagner les rangs du conseil d’administration du CCCI. J’ai hâte de commencer à travailler aux côtés d’autres membres du conseil de partout au pays qui ont tous contribué de façon importante au développement international et continuent de le faire. Dans le cadre de mes fonctions, je compte mettre à profit mon expertise non négligeable des droits de la personne, de l’action sociale, du système de l’ONU et de la santé et des droits reproductifs et sexuels. En tant que membre du conseil, j’espère faire en sorte que les droits de la personne occupent une place centrale dans nos approches du développement et aider à combler le fossé entre les mouvements canadiens et internationaux de défense des droits de la personne dans le but de favoriser un plus grand engagement à cet égard, particulièrement en ce qui a trait aux droits sexuels et reproductifs, tant ici que dans la communauté internationale. Je souhaite aussi utiliser nos partenariats pour bâtir des relations plus solides et favoriser une meilleure compréhension des droits de la personne, de la santé et des droits sexuels et reproductifs ainsi que du système onusien au sein du CCCI.

 


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