Communiqué de presse

Rapport de la vérificatrice générale - L’ACDI doit mettre en œuvre la Loi sur la responsabilité en matière d’aide au développement officielle pour accroître l’efficacité de l’aide canadienne

le 3 novembre 2009

Avec plus de 1,4 milliard de personnes vivant dans l’extrême pauvreté, il est impératif que l’aide au développement repose sur des bases stables ainsi que sur une planification et un financement à long terme. Les engagements en matière d’aide au développement doivent également prendre en considération les besoins et les points de vue des personnes vivant dans la pauvreté, entre autres par le biais de consultations publiques et de politiques transparentes. Dans son dernier rapport, la vérificatrice générale a étudié la façon dont l’ACDI a mis en œuvre son engagement à améliorer l’efficacité de l’aide et a conclu que l’Agence avait échoué.

« Nous sommes d’accord avec les recommandations du rapport, selon lesquelles l’aide au développement doit être plus stable et prévisible, et que les processus décisionnels doivent être simplifiés », a déclaré Gerry Barr, président-directeur général du Conseil canadien pour la coopération internationale. « Dans les faits, toutefois, on n’observe rien qui soit stable, prévisible ou simple. » 

L’absence de référence à la Loi sur la responsabilité en matière d’aide au développement officielle dans le rapport est une omission importante. La Loi stipule que l’aide canadienne doit viser la réduction de la pauvreté en se conformant aux normes internationales en matière de droits de la personne et en tenant compte du point de vue des personnes vivant dans la pauvreté.

La vérificatrice générale soulève que « les fréquents changements d’orientation stratégique […] ont considérablement compromis la capacité de [l’ACDI] à mettre en œuvre un programme d’aide efficace. » Pourtant, la Loi sur la responsabilité en matière d’aide au développement officielle propose déjà une direction en définissant des priorités axées sur les droits des plus démunis, dont les femmes, qui constituent la majorité des personnes vivant dans l’extrême pauvreté.

Le rapport omet également de mentionner une importante évaluation portant sur les programmes de l’ACDI en matière d'égalité entre les sexes, qui conclut que l’Agence ne met pas suffisamment l’accent sur cet aspect de l’équité dans ses approches-programmes.

La vérificatrice générale note également qu’il y a eu beaucoup trop de changements de direction quant aux pays et aux secteurs d’activité jugés prioritaires. Un exemple récent est le choix des vingt pays prioritaires ciblés par l’ACDI dans le cadre de l’aide bilatérale. Il n’y a pas eu de consultations avec les pays ajoutés à la liste ni avec ceux qui en ont été exclus. Les raisons justifiant les changements n’ont jamais été clairement expliquées et, plus inquiétant encore, le nombre de pays africains figurant sur cette liste de pays dits prioritaires a dramatiquement diminué, alors que la pauvreté dans cette région du monde ne cesse de croître.

La Loi sur la responsabilité en matière d’aide au développement officielle requiert également que l’ACDI soumette régulièrement, au Parlement, des rapports sur l’aide au développement. Une fois de plus, la vérificatrice générale aurait pu se servir de cet outil pour demander au gouvernement d’améliorer ses processus de reddition de comptes et faire preuve de plus de transparence.

Pour plus d’information :

Katia Gianneschi
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