D'éminents Canadiens et Canadiennes demandent à Michael Ignatieff de faire triompher les droits de la personne avant le libre-échange en Colombie

30 avril 2009

Plus de 50 personnes éminentes et d'organisations du Canada et du Québec ont écrit aujourd'hui au chef du Parti libéral Michael Ignatieff afin de l'exhorter à empêcher la ratification du projet d'accord de libre échange entre le Canada et la Colombie jusqu'à ce qu'une évaluation entière et indépendante de l'incidence de l'accord sur les droits de la personne ait été exécutée.La lettre est présentée aujourd'hui, pour l'ouverture du congrès du Parti libéral à Vancouver.

« Nous, les sous-signés, sommes profondément inquiets de constater que le Canada abandonne ses valeurs et son soutien des droits la personne reconnus par la communauté internationale pour obtenir un avantage économique pour ses compagnies aux dépens de millions de Colombiens déplacés et appauvris », indique la lettre, qui a été signée par Maude Barlow, Stephen Lewis, Ed Broadbent, Claudette Carbonneau, Alex Neve, Paul Moist, le révérend Bill Phipps, Farley Mowat, Sarah Polley, Naomi Klein et d'autres, et par des organisations comme Greenpeace, le Conseil canadien pour la coopération internationale, L'Association des infirmières et infirmiers autorisés de l'Ontario, la Fédération des enseignantes et des enseignants de la Colombie-Britannique, la Fédération canado arabe, Lawyers Rights Watch Canada, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, le Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public et beaucoup d'autres.

La lettre indique que le gouvernement de la Colombie a l'un des pires dossiers au monde en matière syndicale et de droits de la personne et que les Nations Unies estiment que la crise humanitaire en Colombie est la pire de l'hémisphère.

La lettre dit : « Sous la présidence d'Alvaro Uribe, plus de deux millions de personnes ont été déplacées de leurs territoires riches en ressources, et des milliers de syndicalistes, de paysans, d'autochtones, d'Afro-colombiens et de militants ont été tués par l'État et les organisations paramilitaires affiliées... En même temps, le gouvernement est plongé dans la corruption, la fraude électorale et la complicité avec les barons de la drogue et les chefs des escadrons de la mort. » [traduction]

Le 26 mars 2009, le gouvernement conservateur du Canada a déposé une loi qui entraînerait la ratification de l'accord de libre échange avec la Colombie. Mais en juin dernier, le Comité permanent des affaires étrangères et du commerce international de la Chambre des communes a recommandé qu'une " évaluation impartiale de l'incidence de l'accord sur les droits de la personne soit exécutée par un organisme compétent... avant que le Canada envisage de ratifier et de mettre en oeuvre un accord avec la Colombie. " [traduction]

Jusqu'ici, le NPD et le Bloc Québécois se sont opposés à la ratification de l'accord de libre échange parce qu'ils estiment qu'il ne tient pas compte des violations sévères des droits de la personne qui ont lieu en Colombie et que les dispositions de l'accord en ce qui a trait à la syndicalisation et à l'environnement sont inefficaces. La lettre à Michael Ignatieff signale que si le commerce peut soutenir le développement et la réalisation des droits de la personne, ni la situation politique en Colombie, ni les conditions de l'accord de libre échange ne respectent les critères pour que cela se produise.

Quelques uns et quelques unes des signataires de la lettre prendront part à une manifestation vendredi à midi devant l'endroit où le congrès du Parti libéral a lieu, pour expliquer comment la signature d'un accord de libre échange ternirait la réputation du Canada et enfoncerait encore plus dans la misère des millions de Colombiens innocents.

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