Publication d'un rapport sur la situation en RDC 

Le Canada ne doit pas tourner le dos à la République démocratique du Congo

Le 12 novembre 2008

La résolution du conflit en République démocratique du Congo (RDC) demeure illusoire malgré de nombreux efforts de paix. Selon un rapport rendu public aujourd'hui par le Conseil canadien pour la coopération internationale (CCCI), le pays court le risque de submerger dans la violence à moins que la communauté internationale, y compris le Canada, ne maintienne un engagement en RDC.

Le document Pour une paix qui tient compte des besoins de tous et de toutes : Appel au renforcement des capacités du Canada en matière de rétablissement de la paix pose la question : Le Canada serait-il en train de tourner le dos à la République démocratique du Congo ?

Le rapport est le résultat de37 entrevues menées auprès de diplomates, d'organisations non gouvernementales (ONG) congolaises et internationales, d'organisations féminines, de représentants du gouvernement et de dirigeants communautaires ou religieux. Bon nombre d'entre eux ont affirmé que le soutien du Canada à la RDC s'amenuise alors que les efforts de paix n'ont jamais été aussi pressants.

Il est vrai que le Canada a soutenu le Dialogue intercongolais en 2003 et qu'il a récemment accordé plus de 50 millions de dollars en aide humanitaire immédiate et à long terme. Toutefois, il semble que la participation canadienne en RDC soit en déclin, notamment en ce qui concerne la diplomatie et l'édification de la paix. D'après les organisations de la société civile congolaise, la contribution strictement financière du Canada au processus de paix de Goma est un signe qu'il ne participe plus activement à l'édification de la paix en RDC et qu'il ne déploie pas les efforts diplomatiques nécessaires.

La RDC ne fait plus partie des pays admissibles au Fonds pour la paix et la sécurité mondiales du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI). Une telle exclusion facilite encore moins l'accès de la RDC au financement du Groupe de travail pour la stabilisation et la reconstruction (GTSR) du MAECI. Malheureusement, comme le GTSR est la principale source de financement pour la réforme des forces policières et de sécurité, l'appui du Canada à ces secteurs est, par conséquent, défaillant.

« Alors que le conflit fait rage dans l'est de la RDC, un désengagement de la part du Canada mettrait en danger des centaines de milliers de civils et ruinerait les efforts que le Canada a accomplis par le passé en RDC », a déclaré Surendrini Wijeyaratne, analyste des politiques en matière de paix et de conflits au CCCI et auteure du rapport.

Selon le rapport, « les initiatives axées sur la violence sexuelle contribuent à consolider la paix à long terme en RDC. L'ampleur de la violence sexuelle alliée au nombre de secteurs qui participent à la prévention et aux interventions signifient que les initiatives de lutte contre la violence sexuelle nécessitent à la fois une réforme du secteur de la sécurité, l'accès à la justice, la surveillance des droits de la personne et des droits des femmes, des systèmes des soins de santé, l'éducation sexuelle des filles et des garçons, une justice locale et traditionnelle et la guérison. »

Le Canada a versé la somme de 15 millions de dollars pour une période de quatre ans à l'Initiative conjointe des Nations unies de lutte contre la violence sexuelle. Cependant, des représentants d'organisations de la société civile soutenant les victimes de violence sexuelle se montrent critiques à l'égard de l'ONU qui n'a pas offert une aide directe aux victimes. Il incombe au Canada de développer sa propre stratégie visant à soutenir les programmes d'aide aux victimes de violence sexuelle en RDC. Il doit également s'assurer que le financement offert à l'Initiative conjointe des Nations unies de lutte contre la violence sexuelle appuie le renforcement des capacités des organisations de femmes locales.

Surendrini Wijeyaratne est disposée à accorder des entrevues. Son document de réflexion, financé par la Walter and Duncan Gordon Foundation, se trouve sur le site Internet du CCCI.

Pour un supplément d'information :

Katia Gianneschi
Relations avec les médias
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