Le Bilan de l'aide 2008 

L'aide étrangère échoue dans sa lutte contre la pauvreté mondiale

Le 11 septembre 2008

Selon un rapport publié aujourd'hui (le 11 septembre), l'aide étrangère, que l'analyse soit quantitative ou qualitative, ne parvient pas à lutter efficacement contre la pauvreté mondiale. Le Bilan de l'aide 2008, la seule initiative non gouvernementale regroupant des organisations du Sud et du Nord à analyser les priorités et les politiques en matière d'aide, affirme que l'aide est devenue une source de pouvoir utilisée par les pays donateurs dans leurs relations avec les pays en développement.

Les donateurs imposent des conditions aux pays donataires quant aux politiques à adopter, lient l'aide afin d'en faire profiter leurs propres industries, regroupent politiques d'aide et de commerce et se servent de l'aide pour servir leurs intérêts géo-politiques. La prise en charge locale, c'est-à-dire la possibilité pour les pays en développement d'établir leurs propres objectifs est rendue impossible en raison des nombreuses conditions dictées.

« Les pratiques et politiques actuelles reflètent davantage les intérêts économiques et politiques des pays donateurs qu'elles ne contribuent à réduire la pauvreté », a déclaré Gerry Barr, président-directeur général du Conseil canadien pour la coopération internationale (CCCI). « Ce jeu de pouvoir nuit considérablement à l'objectif d'éradiquer la pauvreté », a-t-il ajouté.

Éliminer la pauvreté plutôt que de mettre l'accent sur les préoccupations des pays riches (en particulier la " lutte contre le terrorisme ") doit consister en l'unique objectif de l'aide étrangère. Malheureusement, bien que les deux tiers des pays d'Afrique subsaharienne comptent parmi les plus pauvres de la planète, rien n'indique que l'Afrique a reçu la priorité au cours des dernières années. En fait, l'Asie est le plus important récipiendaire de l'aide en raison des dépenses consacrées à l'Afghanistan et à l'Irak par les pays donateurs.

Le Bilan de l'aide conclut que l'aide étrangère ne peut être qualifiée d' « efficace » si elle ne contribue pas à réduire la pauvreté. « La seule façon d'assurer l'efficacité des politiques et des dépenses en matière d'aide est de faire en sorte que les personnes vivant dans la pauvreté puissent réclamer et promouvoir leurs droits », a affirmé Brian Tomlinson, analyste principal des politiques en matière d'aide du CCCI et membre du comité de direction du Bilan de l'aide.

Exprimées en quantité, les dépenses d'aide ont stagné malgré les nombreux engagements des pays donateurs lors de réunions internationales, notamment à l'occasion du Sommet du G7 tenu à Gleneagles. De façon générale, l'aide publique au développement (APD) est passée de 0,33 p. cent du revenu national brut (RNB) en 2005 à 0,28 p. cent en 2007. Dans l'ensemble, les donateurs sont loin de la cible internationalement reconnue de consacrer 0,7 p. cent du RNB à l'APD.

Malheureusement, le Canada ne se distingue pas de la tendance générale. Les dépenses d'aide n'ont pas progressé et le gouvernement n'a encore annoncé aucun plan pour leur augmentation au-delà de 2010. Les intérêts canadiens de politique étrangère semblent dicter nos priorités budgétaires puisque c'est l'Afghanistan qui reçoit la manne des nouvelles dépenses.

Le Bilan de l'aide est rédigé par des experts en matière d'aide du Nord et du Sud. Ci-joint vous trouverez un exemplaire du Bilan de l'aide.

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Katia Gianneschi
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